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Hommages à René Maran

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Deux occasions viennent d’être offertes (au moins aux Aquitains) de rendre hommage à René Maran (1887-1960), auteur un peu oublié de nos jours, pourtant reconnu comme l’un des précurseurs de la négritude.
La Bibliothèque Municipale de Bordeaux a consacré une partie d’une exposition sur ses nouvelles acquisitions à faire connaître son important fonds René Maran (30 janvier-17 mars). Exposition surtout littéraire qui a permis de découvrir des manuscrits et documents personnels (dont quelques cartes postales expédiées du Congo) et littéraires, ainsi qu’une collection exhaustive des livres édités de cet auteur dont on avait un peu oublié qu’il avait passé une grande partie de sa vie à Bordeaux.
Autre occasion, pour l’instant réservée aux téléspectateurs de France 3 Aquitaine (mais il conviendra aux autres de surveiller les programmes de France 3 ou de France Ô), la diffusion du beau film documentaire de Serge Patient et Barcha Bauer René Maran, l’éveilleur des consciences (2006, 52 minutes). C’est en décembre 1921 que le nom de cet administrateur colonial, qui avait déjà publié quelques œuvres poétiques assez confidentielles, apparaît au premier plan des lettres françaises par l’attribution du Prix Goncourt à Batouala, Véritable Roman Nègre. Succès, scandale et polémique, car le roman est précédé d’une virulente Préface, – d’ailleurs assez en décalage avec le ton même du récit, véritable poème
aux traditions et à la nature africaines, d’une critique plus subtile – où il prend à partie les préjugés « civilisateurs » de l’Occident impérial. L’auteur, obligé de démissionner de son poste d’administrateur en Oubangui, en sera profondément blessé. Mais il aura semé un germe fécond, redonnant une parole aux Africains, lui le Guyanais, né au large de la Martinique, élève et étudiant à Bordeaux.  » … c’est René Maran qui, le premier, a exprimé « l’âme noire », avec le style nègre en français  » (Léopold Sédar Senghor, « René Maran, précurseur de la négritude », in Liberté 1, Négritude et Humanisme. Paris, 1964).
Traduit en 16 langues il figure aujourd’hui au programme littéraire des lycées.
Fort de ce premier succès, il consacrera désormais sa vie à l’écriture, vivant chichement de sa plume, multipliant les ouvrages liés au continent africain, études historiques et romans animaliers. Dans un roman autobiographique, Un homme pareil aux autres (1947), il exprimera tout le mal-être lié à sa double culture : « Tu te crois -et on te croit- nègre ? Erreur ! Tu n’en as que l’apparence. Pour le reste, tu penses en européen. » On ne peut pas dire que cette interrogation manque d’actualité !
Nous n’avons pas l’ambition de proposer une analyse de cette œuvre ou de rédiger une biographie de cet écrivain qui, soulignons-le, reste tout à fait lisible aujourd’hui. Seulement d’attirer l’attention sur les illustrateurs qui se sont penchés sur plusieurs des romans africains, générant ainsi quelques superbes livres, rarement proposés et toujours à prix soutenu !
– Batouala a sans doute inspiré les deux plus beaux, illustrés respectivement par :
+ Alexandre Iacovleff (Paris, Editions Mornay, 1928), 350 exemplaires avec 70 dessins et
6 planches lithographiées rehaussées à l’encre + P.-E. Bécat (Paris, G. Guillot, 1947), 418 exemplaires avec 18 gouaches, plus des lettrines et culs-de-lampe de Marie Monnier
– Mbala l’éléphant (Au moulin du Pen-Mur, éd. Arc-en-ciel, 1943), 1000 exemplaires, illustrations d’André Collot

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