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La jeunesse africaine, un atout démographique à exploiter.

Le premier forum panafricain de la jeunesse, qui se tient dans la capitale tchadienne sous l’égide de l’Union africaine, planche sur les problèmes de la jeunesse du continent qui constitue un dividende démographique dont il faut tirer véritablement profit.

La population africaine a quasiment triplé en 35 ans, passant de 478 millions d’habitants en 1980 à 1,2 milliard en 2015, selon des données du Fonds des Nations-Unies pour la population (FNUAP). Elle devrait atteindre 2,4 milliards d’ici 2050. Le taux de fécondité moyen total des régions de l’Afrique a baissé de moitié ces 30 dernières années et cette tendance devrait se poursuivre à l’avenir. Ce taux est actuellement de 4,7 enfants par femme.

L’Afrique affiche une population jeune avec environ trois habitants sur cinq qui sont âgés de moins de 25 ans. La population active et en âge de travailler (25 à 64 ans) a augmenté plus rapidement que tout autre groupe d’âge et représentent 36,2% de la population en 2015.

« Devant ce tableau qui nous interpelle tous, il devient évident que nos efforts futurs devraient se focaliser sur la jeunesse du continent. Il est alors primordial de mettre en place un système de gestion adéquat pour ce potentiel avec des investissements stratégiques innovants pour tirer pleinement profit de cette jeune population », a déclaré Mabingué Ngom, directeur du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du FNUAP.

« Un futur durable repose sur des populations résilientes, et cela ne peut se réaliser que si nous investissons dans les jeunes », a-t-il insisté pour saluer la mémoire d’un pionnier des temps nouveaux pour la question des jeunes et de l’autonomisation des femmes, Babatunde Osotimehin, Directeur Exécutif de l’UNFPA décédé le 4 juin 2017.

Avec des soutiens efficaces, des politiques ciblées, des allocations budgétaires appropriées et une mise en œuvre efficace des programmes permettront d’améliorer le bien-être et les compétences des jeunes filles et garçons, il deviendra possible de transformer l’Afrique, a soutenu M. Mabingué Ngom.

A l’ouverture du forum, le président tchadien Idriss Déby Itno, a exhorté ses pairs d’œuvrer sans relâche pour que l’Afrique puisse tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse. « Cet investissement est d’ailleurs la clé de voute de l’agenda 2063 au centre des ambitions de l’Union africaine ».

La feuille de route de l’Union Africaine sur le Dividende Démographique a mis en exergue quatre secteurs clés: l’amélioration de la qualité et de l’accès pour tous à une éducation de qualité qui est pertinente et équipe la jeunesse africaine pour un apprentissage permanent; l’amélioration de la condition sanitaire de tous les Africains en particulier en matière d’accès aux services de qualité de santé sexuelle et reproductive, l’élimination de toutes les formes de pratiques néfastes qui inhibent le développement des jeunes filles comme le mariage des enfants ou les mutilations génitales féminines; l’importance et la nécessité d’accroître l’accès des jeunes à un emploi décent et aux opportunités d’entreprenariat; et leur pleine participation à la construction de nations fortes fondées sur des principes d’équité, de bonne gouvernance et du respect des droits humains.

« Voilà un agenda clairement articulé, un agenda porteur de beaucoup d’espoirs », s’est réjoui le directeur régional du FNUAP qui a exhorté les jeunes africains qui – devant certaines incertitudes comme les migrations vers l’Europe et le désastre méditerranéen, les questions de paix, sécurité et instabilité liée au terrorisme – ont fait le choix de rester dignes sur le continent et de lui redonner l’espoir d’un lendemain meilleur.

En ouvrant le forum de N’Djaména, le président guinéen Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, a dénoncé une « deuxième forme d’esclavage » que subit le continent africain. « La première forme d’esclavage a vidé l’Afrique de ses forces vives pour les amener dans des plantations en Amérique. Cette fois, nous perdons nos jeunes qui meurent dans le désert de la Libye ou en Méditerranée. Ça c’est une nouvelle forme d’esclavage », a-t-il déploré.

« Cela est dû à la pauvreté, à l’injustice », a reconnu le président Alpha Condé avant d’appeler ses pairs du continent à se pencher immédiatement sur le sort des populations les plus vulnérables, c’est-à-dire les femmes et les jeunes.

Les pays du Sahel, en partenariat avec la Banque Mondiale et le FNUAP, ont initié le SWEDD, un projet pour renforcer le niveau d’autonomisation des femmes et des adolescentes en vue d’accélérer la transition démographique dans la région. Le SWEDD est d’ailleurs un des thèmes de discussion de la rencontre de N’Djaména.

« Les expériences concluantes comme le SWEDD, doivent être étendues, répliquées dans les autres sous-régions ou le poids démographique insoutenable sape tous les efforts publiques, il alimente les foyers de tension qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité », a conclu M. Mabingué Ngom.

agence de presse Xinhua

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