OEUVRE ET LITTERATURE

Lat Dior vs Demba War Fall: Le traité de 1879

Lat Dior vs Demba War Fall: le traité de 1879. En 1877 Lat Dior écrit à Briére de L’Isle:
« Vous cherchez à établir un chemin de fer, comme un bateau à vapeur sur la terre ferme (sakhaar-u dyêri):
c’est aussi impossible que de faire entrer une case dans une autre, ou une bouteille dans une bouteille.
Vous m’écrivez à ce sujet et m’exposez les facilités que ce projet comportera pour le commerce de l’arachide.
Si le Kayor m’appartenait entièrement, de Rufisque à Gandiole, je serais bien content de votre proposition…
Mais je ne peux même plus retirer aucun profit du Kayor, à moins d’un cas extraordinaire – un assassinat ou un adultère.
Soyez bien persuade que si, aujourd’hui, vous établissez un chemin de fer, en plaçant de distance en distance des postes pour le commerce, vous m’enlevez mon pays et me dépouillez de tout ce que je possède.
Un ami ne doit pas faire cela sur les terres de son amis » (Archives 1862-1886).
Pourtant, 2 ans après, Lat Dior signe le fameux traité de 1879, sur la construction du chemin de fer, avec le gouverneur de L’Isle, représente par Bou-El-Moghad.
Pourquoi le Damel change d’avis, et rechangera encore d’avis par la suite?
L’idée est que le pouvoir du Damel en 1879 était en péril, surtout à cause des tensions qu’il y avait entre celui-ci et le Demba War Sall, qui pourtant avait soutenu depuis le début Lat Dior (Monteil 1963).
Le nouveau rôle qu’avait les marabouts dans la politique interne du Cayor ne plaisait pas au partit des captif don Demba War était le représentant: l’accroissement de la faveur du Damel vers les musulmans, pouvait être la fin du pouvoir des ceddos (Diouf 1990).
Lat Dior est profondément conscient de ça, même il écrit le 2 octobre 1879 à Brière de l’Isle que: « depuis un an, les captifs de la couronne cabalent contre moi; ils veulent se réunir pour mettre à ma place Samba Laobé…
Je considère mon neuve Samba Laobé comme mon enfant et mes captifs comme de singrats.
Je leur ai donné un commandement territorial, mais ils sont trop gourmands. Ils ont voulu m’assassiner en traitre et me prendre par surprise » (Archives, op. cit.)
Donc, le Damel voulais trouver par l’arrivé du chemin de fer, donc par l’Alliance avec les français un moyen de se défendre de Demba War Sall?
En tout cas cette même année Lat Dior destitue le Farba, le quelle pourra acquérir seulement après la mort du Damel, un rôle « officiellement » important.
Pour ça certains on soupçonné que Demba War Sall ait eu un rôle de traitre à la bataille de Dékhélé.
Tandis que d’autres (Marokhaya 1963) soutiennent que malgré toutes les tensions, sur à la dernière bataille de Lat Dior, Demba War lui ait été fidèle, et que grâce a lui on a put sauver et cacher son corps (Monteil p.94, op. cit.).
Chers histoirens quelle est votre avis sur le rôle de Demba War Sall à la bataille de Dékhélé: traitre ou patriote?
Merci de donner votre avis et de me corriger si j’ai fait des erreurs.
Bibliographie:
Archives du Gouvernement du Sénégal à Dakar (1862-1886).
Cartons 13 GDiouf, M. (1990) Le Kajoor au XIXe siècle.
Pouvoir Ceddo et conquête coloniale, Karthala, Paris.
Marokhaya, El Hadji (1963), Essais sur l’histoire du Cayer, traduit du Wolof par Samba Fall Samb, A. Diop, Dakar.Monteil, V. (1963) Lat Dior, Damel du Kayor, (1842-1886) et l’islamisation des Wolofs, Archives de sociologie des religions, 8e Année, No. 16 (Jul. – Dec., 1963), pp. 77-104.
Ici le texte de la convention conclue entre Lat-Dior, roi du Cayor, et G. Brière de l’Isle, gouverneur du Sénégal et dépendances, représenté par le cadi et tamsir Si El Hadj Bou-El-Moghdad:1879
Le 10 septembre Lat Dior signe un traité pour la construction d’un chemin de fer.
Voici le texte:
Convention avec le Cayor Entre Lat-Dior, damel, roi du Cayor, et le gouverneur du Sénégal et dépendances, G. Brière de l’Isle, colonel d’infanterie de marine, commandeur de la Légion d’honneur, représenté par le cadi et Tamsir Syel Hadj Bou-el-Moghda d,officier de la Légion d’honneur, a été passée la convention suivante :
Article 1er: Le Cayor tel qu’il existe en ce jour, d’après le traité du 12 janvier 1871, étant la propriété du damel, est garanti par les Français à la famille régnante des Gueidj.
C’est-à-dire, si des étrangers venaient à attaquer ce pays, le gouverneur du Sénégal enverrait son armée, comme en 1875, prêter main-forte à l’armée du damel pour chasser ces étrangers du Cayor et les punir.
Aucune indemnité quelconque ne serait demandée au Cayor pour le service qui lui serait ainsi rendu.
Art. 2. — En échange des avantages stipulés dans l’article ^r ci-dessus, le damel s’engage de son côté à accorder aux Français la jouissance d’une route commerciale qui, venant du poste français de Thiès, passera par Tiwaouane, Kelle, Louga et Sakal appartenant au Gayor, pour arriver au canton français de M’Pal.
Art. 3. — Il ne sera jamais placé de poste de soldats français ni de soldats du Cayor sur cette route.
Si des troubles nécessitaient la présence de quelques détachements provisoires sur la route ou à côté, la question se réglera d’un commun accord entre les deux parties contractantes.
Art. 4. « Tous les frais de construction de la route seront supportés par les Français.
Le damel donne gratuitement le terrain nécessaire pour la route et pour tous les établissements qui en dépendent.
Art. 5. — Cette concession n’est faite qu’à la condition que les Français arrangeront le chemin pour faciliter le commerce, le transport rapide des marchandises, des produits du sol et des voyageurs au moyen de grandes voitures traînées par des machines à vapeur (locomotives).Le travail devra être terminé la troisième année après qu’il aura été commencé.
Art. 6. — Le damel, avec une suite de vingt personnes au plus, aura le droit de circuler gratuitement sur cette route.
Les sujets du Cayor seront traités pour le prix des places dans les voitures et pour le prix du transport de leurs marchandises, produits du sol, bestiaux, etc., comme les sujets français eux-mêmes. Les puits qui seront creusés sur le parcours pourront être fréquentés par les habitants.
Art. 7. — Dans tous les endroits reconnus nécessaires pour que la locomotive fasse de l’eau et qui sont marqués au rouge sur la carte annexée au présent traité, il sera élevé des constructions, dites gares, où les voyageurs et les marchandises pourront être embarqués et débarqués.
Art. 8. — Pour faciliter le voyage des gens qui veulent aller sur des points situés à droite ou à gauche de la route ou bien qui veulent s’arrêter entre les gares, des baraques ou petites maisons seront construites aux points d’arrêts marqués à Tendre bleue sur la carte.
Art. 9. — La carte annexée & la présente convention donne le tracé général de la route. Mais il reste entendu que lors des études définitives pour l’exécution des travaux, il pourra y être porté des changements que nécessiteraient ces nouvelles études portant sur la facilité des travaux.
Art. 10. — La concession du terrain soit pour le passage de la route, soit pour les gares, soit pour les points d’arrêts ne peut en aucun cas constituer des droits sur les alentours en faveur des Français, ni servir de lieu de refuge aux sujets du damel qui voudraient se soustraire à son autorité.
En conséquence, aucun sujet du Cayor ne pourra résider à intérieur des limites des concessions sans l’autorisation expresse du damel, la présente convention ne pouvant toucher en rien aux droits du damel dans l’exercice de sa souveraineté.
Art. 11. — La police des gares et des points d’arrêts sera faite exclusivement par les Français, mais, sauf le cas prévu par le § 2 de l’article 4 ci-dessus et conformément aux stipulations du § 1^ dudit article A, il ne sera jamais placé de garnison dans les gares ni dans les points d’arrêts, pas plus que sur le reste de la route.
Tous les employés et fonctionnaires qui résideront sur cette route seront exclusivement de Tordre civil, et il leur sera absolument interdit de s’immiscer dans les affaires du Cayor.
Art. 12. — Conformément aux traités antérieurs qui assurent aux sujets de toutes les nations la libre circulation des voyageurs et commerçants dans l’intérieur du Cayor sans qu’ils aient à payer aucun droit ni redevance, aucun payement ne sera demandé par le damel, ni par les chefs du Cayor, sur cette route, soit pour les marchandises et produits du sol, soit pour les animaux, ainsi que pour les personnes qui viendront pour y être transportées ou pour commercer dans les gares.
Art. 13. — Une convention ultérieure réglera l’indemnité fixe qui sera payée chaque année au damel ou aux personnes qu’il désignera pour compenser les droits que ses alcatys touchent à Leybar, Dialakar, Gandiole et M’fiidjem.
Art. 14. — La présente convention est faite exclusivement à l’avantage des deux pays pour assurer l’indépendance du Cayor contre tous les envahisseurs, pour faire que la paix et l’amitié qui existent entre le gouverneur du Sénégal et le damel deviennent perpétuelles et pour donner aux habitants du Cayor toutes les richesses que possèdent les peuples qui ont des chemins de fer dans leur pays et qui peuvent vendre leurs produits tout près de l’endroit où ils les récoltent.
Nous, réprésentant du gouverneur, cadi tamsir, déclarons être complètement d’accord avec Lat-Dior sur toutes les conditions contenues dans la présente convention.
Dans le Cayor, à Keur-Amadou-Yella, le 10 septembre 1879.
Signe: Bou El MoghadDans le Cayor, à Keur-Amadou-Yella, le 10 septembre 1879.
Signé : Madiakate-Kalla(Cachet de Lat-Dior).
Ratifié sauf approbation ministérielle.
Le Gouverneur
Signé : G. Brière de l’Isle.
Dans la photo: construction colonial d’un chemin de fer au Dahomey.
M.Sidibe

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