OEUVRE ET LITTERATURE ACCOMPAGNEMENT

Le dernier cours sur « Sous l’orage » 

Le dernier cours sur « Sous l’orage » -4e secondaire: La thématique. 
ÉTUDE INTÉGRALE D’UNE OEUVRE LITTÉRAIRE : 
LA THÉMATIQUE dans « Sous l’orage » de Seydou Badian
Le premier sens du mot « orage » est une perturbation atmosphérique accompagnée d’un vent et d’une pluie. Il peut aussi signifier une disgrâce, un désaccord violent.
Ce n’est pas un hasard si Seydou Badian choisit ce vocable pour intituler son roman.
La famille Benfa est divisée sur le mariage de Kany.
Au delà de cette famille c’est toute la société qui est perturbée ; les vieux accrochés à la tradition d’un coté et de l’autre les jeunes modernistes ayant fréquenté l’école.
C’est un véritable orage (au figuré bien sûr) qui secoue cette société.
« Sous l’orage » est un roman de mœurs sociales, il est une photocopie de la société africaine à l’époque de la colonisation.
Les thèmes évoqués dans le roman s’articulent autour du conflit de générations, de l’acculturation, de la condition de la femme, de l’initiation aux valeurs traditionnelles, du problème de l’intégration de l’Africain dans un monde moderne.
I)-LA CONDITION DE LA JEUNE FILLE ET DE LA FEMME AFRICAINE
Le point de discorde chez les Benfa est le mariage deKany.
Son papa lui choisit un mari comme le veut la tradition. Et malgré la levée de bouclier des jeunes enfants, Benfa ne pense pas reculer devant une « décision déjà prise ».
Le cas de Kany ressemble aujourd’hui à celui de beaucoup de jeunes filles qui sont mariées de force.
Elles ne choisissent pas avec qui et quand se marier.
Tout se décide par les parents. Deux mères de familles sont mises en exergue dans le roman. Il s’agit de Maman Téné (mère de Kany) et de Maman Coumba (mère de Samou). 
Pour la société dans laquelle elles évoluent, la femme est reléguée au second plan, sa place restele foyer.
Ces braves dames se débrouillent pour nourrir leurs enfants (vente de pagne, teinture, vente d’arachides…).
Malgré ce fait on remarque que la femme est un régulateur au sein des familles.
Maman Téné essaye de raisonner sa fille pour préserver la paix à la maison.
Elle a été le bouc émissaire lorsque les enfants ont créé « l’intifada » contre les anciens. Benfa l’accusait de monter les jeunes contre les anciens.
II)-LE CONFLIT DE GENERATIONS
Le conflit de générations est causé par le fait que les enfants fréquentent l’école française dans cette Afrique qui tente tant bien que mal de garder ses traditions.
Les élèves (Kany, Samou, Birima…) voient autrement le monde. Ils considèrent les vieux et leurs traditions comme des « révolus ».
Ces anciens (Benfa, Sibiri, Maman Téné…) à leur tour voient en ces enfants des individus formatés par l’école.
Deux camps qui vivent ensemble mais que tout oppose.
Chacun des deux camps ayant une vision différente sur le mariage, l’école, la tradition bref sur le monde.
III)-L’ACCULTURATION
Ce thème est la cause du conflit de générations.
L’acculturationest la perte de la culture. Dans le roman c’est le résultat de l’école française.
Les jeunes aspirent à un changement radical. Ils s’inscrivent en porte à faux avec les traditions, avec l’ordre établi. Ils considèrent les coutumes comme du passé. Ils appliquent ce qu’ils ont appris à l’école, ce qu’ils lisent dans les livres.
L’acculturationest marquée chez les jeunes par leur habillement mais aussi et surtout par leur comportement vis à vis de leurs ascendants. Leur mode de vie heurte la sensibilité des parents qui voient la coutume disparaitre sous leurs yeux, à travers ces enfants qu’ils ont eux-mêmes élevés.IV)-L’INITIATION AUX VALEURS TRADITIONNELLES
C’est parce que Kany et ses frères ont perdu leur culture qu’ils sont dépaysés à leur arrivée au village. Cette étape en campagne haut lieu de la tradition leur permet de se familiariser avec les coutumes de leurs ancêtres et surtout de connaitre quelques valeurs qui les transcendent. Tiéman le Soigneur est l’initiateur des enfants Benfa à la tradition. Cet infirmier resté au village est la synthèse de la tradition et de la modernité car ayant pratiqué les deux mondes. Il est donc le mieux placé pour enseigner à ces enfants les valeurs traditionnelles.
Cette initiation a permis aux enfants de voir autrement la vie. Pour mieux s’ouvrir au monde, il faut bien s’enraciner, dit-on. Un groupe de rapp sénégalais dit, en substance, ceci : « Si vous ignorez où vous allez, retournez d’où vous venez ».V)-L’INTEGRATION DE L’AFRICAIN DANS UN MONDE MODERNE
Qui dit intégration dit rencontre de deux cultures, de deux mondes différents. Dans le roman, la famille Benfa vit en ville, elle cohabite avec les écoles des Blancs. Une école qui est le symbole de la colonisation, celle qui a changé leurs enfants et bientôt l’ensemble de la société. Cette société qui garde encore les traditions a l’obligation de s’insérer dans ce monde qui lui est posé. Ce thème reste d’actualité aujourd’hui où les peuples africains sont à la croisée des chemins tiraillés entre leurs traditions et le monde moderne.
Merci et à bientôt pour d’autres aventures littéraires.
Bon week end à tous !!!!
M.Sidibe

Laisser un commentaire

[googleapps domain="docs" dir="forms/d/e/1FAIpQLScckL0fI_a78vmYtwF8WZg3xyXkDUBusEquhuOQrH2NPQ1kMw/viewform" query="embedded=true" width="640" height="768" /]