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LA MASSE SALARIALE AU SENEGAL : Le budget alloué à l’éducation

LA MASSE SALARIALE AU SENEGAL :

Le budget du Sénégal en 2018 est estimé à environ 3700 milliards de Fcfa. Le budget alloué à l’éducation est de 421 milliards Fca, soit un taux de 11,37%. Le ministère de l’économie et des Finance et du plan avec peu de travailleurs se retrouve avec un budget de 216,240 milliards de Fca. ???? 
MASSE SALARIALE TOUS LES TRAVAILLEURS TOUS LES TRAVAILLEURS DE LA FONCTION PUBLIQUE
866,8 Milliards/an pour 124 397

TRAVAILLEURS ENSEIGNEMENT POURCENTAGE ENSEIGNEMENT PAR RAPPORT EFFECTIF TOTAL MASSE SALARIALE TOTALE
92 418 soit 74, 29% des fonctionnaires 373 Milliards/an soit 43,03%

LA PRIVATISATION DE L’EDUCATION NATIONALE :
Depuis quelques décennies, une privatisation d’une partie de l’éducation est observée au Sénégal et s’explique par plusieurs causes.
D’abord, la capacité d’accueil dans le public est réduite avec un manque d’enseignants, un effort réduit dans la construction de classes, mettant les élèves dans des conditions difficiles d’apprentissage (abris provisoires, classes de plus de 90 élèves appelées « abris pléthoriques », conditions sanitaires et sécuritaires lamentables, etc.) forçant des milliers d’élèves non orientés dans le public et sans solutions à rejoindre le privé.
Ensuite, le gouvernement néglige les revendications légitimes des enseignants, d’où des perturbations dans le système éducatif.
En outre, le quantum horaire annuel menacé conduit inéluctablement à la baisse de niveau notée auprès des apprenants.
Enfin les parents d’élèves découragés ne font plus confiance à l’enseignement public, par voie de conséquence à l’Etat dans la prise en charge de l’éducation des leurs enfants. 
Aujourd’hui, certains individus hypocrites ou mal informés s’attaquent aux enseignants qui, à leurs heures libres, donnent des cours dans le privé. Mais, s’ils arrêtent les cours dans le privé, le système en entier s’écroulerait comme un château de cartes. Et il va falloir attendre des années et trouver des milliards pour régler le problème.
D’abord, il faut comprendre qu’il existe prés de 731 écoles privées dans le moyen et 501 écoles privées dans le secondaire au Sénégal en 2016, d’où un total de 1234 établissements privés.
Dans une école privée on peut avoir jusqu’à 50 professeurs. Et, si on sait qu’il faut au moins 20 professeurs pour assurer les cours dans chaque établissement, alors il faut près de 24680 enseignants pour assurer les enseignements-apprentissages aux élèves dans le privé, et seulement au collège et au secondaire. Le nombre d’enseignants dans le public au niveau du moyen secondaire est estimé à 30000.
En plus, dans chaque école privée, on peut dénombrer souvent plus de 300 élèves. Donc, avec 1234 établissements, nous aurons près de 370 200 élèves abandonnés par l’Etat aux mains de braves promoteurs. Ainsi, l’Etat ne construit pas, n’équipe pas, ne paye pas de salaires, et, même, il en profite pour récupérer des taxes auprès de ces écoles privées.
Rappelons que le public en 2016 n’avait que 1507 établissements au moyen secondaire, avec seulement 273 écoles de plus que le privé. Et si la tendance se poursuit, l’écart va très vite se réduire, et on risque même de voir plus d’écoles privées que d’établissements publics. Une catastrophe!
Maintenant, est ce que vous pensez que l’Etat, peut-il recruter encore plus de 24680 professeurs pour le privé, d’autant plus qu’il existe déjà un déficit criard dans le public ?
Quelle est la solution pour ces 370200 élèves du moyen-secondaire qui sont en dehors du public, et dont leur formation est assurée par de braves enseignants qui sont des patriotes ?
En plus, des milliers de professeurs ne sont pas intéressés par les cours dans le privé.
Par exemple, en France, l’enseignement privé occupe une place marginale dans le système éducatif, de l’ordre de 15% du total des établissements. Et, l’Etat, sous contrat avec les écoles privées rémunère les enseignants, contrairement au Sénégal.
Au Sénégal, en 2016, il y a au total près de 2014230 apprenants dans l’élémentaire. Et, dans le préscolaire, le privé (43,5%) a plus d’établissements que le public (35,5%), le secteur communautaire et associatif (21%) source : Rapport national sur la situation de l’éducation : RNSE 2016
Le privé présente 50488 candidats, soit 32,9% des inscrits au baccalauréat, et les candidats libres sont au nombre de 32840, soit 21,4%. Le public n’a que 70132 candidats, soit 45,7%. Dès lors, si les enseignants restent seulement dans le public, c’est plus de 50488 candidats qui vont rester à la maison sans faire le baccalauréat, sans y ajouter les candidats libres qui sont souvent encadrés par les professeurs du public.

Nb : pour cette étude, on s’est basé sur des données fournies dans la presse, l’office du baccalauréat sur son site internet, le rapport annuel du ministère de l’éducation nationale publié aussi sur le net, et l’ANSD.
LE TAUX DE REUSSITE AU BACCALAUREAT :
Les résultats du baccalauréat sont satisfaisants dans le public, avec des pourcentages supérieurs à 60%. Au niveau du public les chances de réussite sont réelles. Cependant, on peut mieux faire pour améliorer les résultats. Alors, il faudra régler certains préalables. 
Aucune autorité ne reconnait cet état de fait, et on se borne uniquement à annoncer un taux général de réussite au baccalauréat de l’ordre de 35%. Pour quelle raison ? Cette dynamique de désinformation pousse une bonne partie de la population à fuir le public pour le privé. 
Dans le privé laïc le taux est faible, avec un désengagement de l’Etat, et le manque de suivi. Le taux de réussite dans le privé laïc tourne autour de 30%. 
Les candidats individuels sont très nombreux, près de 20% des effectifs totaux. Le taux de réussite ne dépasse pas 20%. La majorité de ces candidats font de se débrouillent seuls pour préparer le baccalauréat.
Le taux de réussite dans le privé confessionnel est bon (autour de 70%). 
Dans le public, le Sénégal a un taux de réussite au baccalauréat au dessus de beaucoup de pays qui sont souvent cités comme des exemples. Cela démontre la solidité de l’enseignement public et la qualité de ses enseignants. Dans le tableau ci-dessous, on donne les cas de quelques pays.
En 2016, on compare les taux de réussite au baccalauréat de quelques pays :
SENEGAL : 60% MAROC : 50,28% COTE D’IVOIRE : 42,38% MALI : 32,64% BENIN :30,13% ALGERIE :51,36% 
Actuellement, certains individus minimisent souvent les résultats du public au Sénégal, en pensant que le taux a complètement baissé. Mais, si on se réfère aux taux depuis 1970, il dépasse rarement 50%.
Par ailleurs, à tord on veut comparer le Sénégal avec la France. Cette dernière a des effectifs de moins de 30 élèves par classe, tandis qu’au Sénégal on se retrouve avec des classes avec plus 80 apprenants. C’est comme si on demande à un bon chauffeur de car rapide d’être le premier dans une course avec une voiture 4×4 neuve.
En plus, il y a une différence importante entre la France et le Sénégal dans la gestion éducative. Par exemple, l’orientation en seconde détermine beaucoup la réussite au bac. En effet, tout le monde ne peut pas suivre l’enseignement général, c’est pourquoi, en France, après la classe de troisième, l’élève est orienté en seconde générale et technologique (L, ES, S), ou au lycée professionnel ou en première année de CAP en fonction de ses capacités et son parcours scolaire. Ces deux derniers secteurs accueillent une partie non négligeable des orientés en seconde en France. Et comme avantages, il y a est une préparation au bac plus adaptée et un désengorgement des universités, car des IUT vont accueillir en majorité ceux qui ne suivent pas l’enseignement général et technologique.
Au Sénégal, plus de 90% des élèves qui passent en seconde vont vers l’enseignement général, d’où une influence sur les résultats au baccalauréat, et une augmentation des effectifs dans les universités avec beaucoup d’échecs. Pour passer en seconde, le BFEM n’est pas exigé et une moyenne de 10/20 est suffisante, et même une note entre 9,5 et 10/20 peut être accepté dans certaines écoles privées.
Le passage au collège était conditionné à la réussite à l’entrée en sixième, et pour entrer au lycée le BFEM était exigé. Et n’oublions pas qu’il y avait la première partie du baccalauréat en classe de première et la deuxième partie en terminale. De nos jours, presque les verrous d’une sélection qui est nécessaire ont sauté. 
Le principe consiste à pousser tout le monde jusqu’en terminale sans se soucier de la qualité. Dans le privé et même dans le public, beaucoup d’élèves arrivent en classe de terminale sans aucun diplôme, c’est pourquoi dans plusieurs écoles de formation proposent des filières avec un niveau de recrutement du niveau de la terminale. Ainsi, beaucoup d’élèves sont bloqués en terminale. 
Au Sénégal, nous avons de très bons professeurs qui travaillent dans des conditions très difficiles.

SAEMS face

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