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Pr Souleymane Bachir Diagne : « Le progrès est un état d’esprit »

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Parmi les intervenants du webinaire de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba, le Professeur Souleymane Bachir Diagne a exposé, samedi dernier, sur l’éthique du développement et du progrès. À l’en croire, l’esprit de développement est le bien le plus précieux qu’un peuple puisse avoir.
« Est-ce qu’il y a une philosophie du temps conçue comme progrès dans l’Islam ? » Le Professeur Souleymane Bachir Diagne, l’un des conférenciers du webinaire de l’Université Cheikh Ahmadou Bamba, organisé en prélude à la célébration de l’exil du fondateur du mourisdisme, est parti de ce questionnement pour donner un « cours magistral » sur sa propre interrogation. Y répondant, l’universitaire en a d’abord déduit que le « progrès est en soi même une valeur », avant de porter la réflexion sur les différentes perceptions du temps par l’humain. À en croire ce penseur réputé pour sa finesse d’esprit et sa science, il faut en retenir deux. « Vous pouvez avoir deux philosophies du temps. Une qui vous dit que le temps avance vers le progrès et une philosophie qui vous dira que le temps est une détérioration à partir d’un état antérieur, qui est considéré comme un âge d’or. Et plus on avance, plus on s’éloigne de cet âge d’or », a assuré l’auteur de « Comment philosopher en Islam ». S’appuyant sur la sourate 24 du Coran, le Professeur Diagne indique que c’est celui qui regarde le plus vers l’avant qui croit le plus au progrès, comparé à celui qui n’est préoccupé que par l’instant présent. Ainsi, dit-il, l’homme qui adopte cette posture va ainsi travailler pour un temps qu’il ne verra pas. Il plante un arbre censé grandir d’ici 70 ou 100 ans, bien après sa mission, d’où le sens de la pensée du prospectiviste Gaston Berger qui rappelait que « l’avenir, ce n’est pas ce qui va inévitablement arrivé, c’est ce que tous ensemble, nous ferons».
Positiver le temps
À ses yeux, c’est l’éthique du progrès qui dicte un tel état d’esprit. « L’éthique qui vous pousse à préparer l’avenir tourne le dos à ceux qui disent que nous n’avons que la vie présente. Elle vous pousse à agir, à ouvrir un avenir meilleur par l’action. C’est la première condition du développement. Vous aurez, dans ce cas, un esprit d’entreprise et d’innovation parce que vous serez orienté vers le futur et la promesse du futur alors que celui qui dit que seule la vie présente compte est enfermé dans le présent », souligne l’universitaire. Armé de cette éthique, indique Souleymane Bachir Diagne, l’homme pourra mettre en œuvre les paroles du Coran répétées par l’Imam Aly, rappelant « qu’il faut prier Dieu comme si l’on allait mourir demain et travailler comme si l’on n’allait jamais mourir ».
Dire que les temps ont changé ou que le monde et les valeurs ne sont plus ce qu’ils étaient, c’est une attitude mélancolique et pessimiste qui est à l’opposé du développement, selon Souleymane Bachir Diagne. Pour lui, il faut avoir la posture qui permet le progrès car, dit-il, le développement est un état d’esprit. « Il faut cet état d’esprit qui consiste à dire qu’il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », affirme le Professeur à l’université Columbia. Selon sa perception, l’esprit de développement, c’est la chose la plus précieuse qu’un peuple puisse avoir. Ainsi, il cite l’exemple du Japon qui, dépourvu de ressources naturelles conséquentes, a su miser sur le courage de l’humain. « Le Japon n’a pas assez de ressources naturelles, mais il s’est armé d’un esprit de développement. C’est cet esprit que devrait nous insuffler notre propre religion », exhorte Souleymane Bachir Diagne.
_VIVIFICATION DE L’HÉRITAGE ISLAMIQUE
➡️L’exemple de Cheikh Ahmadou Bamba
Les générations qui viennent après le prophète et ses compagnons ont un héritage à fructifier, selon Souleymane Bachir Diagne. D’après lui, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké est un bel exemple de cette mise en œuvre. « Dans l’ouvrage capital, Massalikoul Djinane, qui est une sorte de compendium des sciences islamiques, Serigne Touba dit dans l’introduction qu’il a tiré toute la substantifique moelle de l’héritage du Tassawouf et particulièrement de l’Imam Ghazali et de son livre pour la revivification du message », constate l’universitaire. Citant ce même texte du Cheikh, M. Diagne rappelle sa conception du temps : « Serigne Touba y clarifie également la signification du temps en disant qu’il ne faut pas que nous accordions aux seuls anciens le privilège exclusif des faveurs que Dieu offre au risque de nous égarer. Il peut arriver qu’un homme vivant dans les temps modernes connaisse des secrets qui étaient ignorés par ceux qui vivaient dans les temps anciens ».
Demba DIENG
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