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William Ponty, l’école des premiers cadres Africains

L’établissement colonial de référence de 1937 à 1965, soit pendant vingt-huit ans a, pendant toute la période coloniale française, formé presque tous les cadres de l’Afrique francophone.
Selon les travaux de l’historien sénégalais Souleymane Séga Ndiaye, c’est en 1903 que le gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF), Ernest Roume, en poste à Saint-Louis, signe l’arrêté n° 806 du 24 novembre 1903 portant création et fixation de l’organisation homogène de l’enseignement en AOF.
Cet arrêté signait l’acte de naissance de l’école normale d’instituteurs de Saint-Louis (à 270 kilomètres de Dakar). Elle fonctionne d’abord en tant que section de l’école des fils de chef et des interprètes. Elle sera déplacée sur l’île de Gorée, au large de Dakar, en 1913 et rebaptisée “école normale William-Ponty”, en l’honneur du gouverneur général de l’AOF en 1907 et de 1908 à 1915, Amédée William Merlaud-Ponty.
L’établissement est déplacé, en 1937, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Dakar, dans la commune rurale de Sébikotane. Aujourd’hui, ce site qui a accueilli l’école pendant plus d’une vingtaine d’années est presque à l’abandon. Le village de Sébi-Ponty, créé par le personnel africain de l’école durant son transfert, s’agrandit sur l’espace de l’ancienne école. Certains anciens “pontins”, comme ils aiment se faire appeler, y vivent encore avec leurs familles.
En soixante-deux ans d’existence, en grande partie sous l’ère coloniale, William-Ponty a eu à former en majorité des instituteurs, mais aussi des médecins et des cadres qui ont servi dans les écoles, les hôpitaux et occupé les fonctions les plus prestigieuses de l’administration de l’Afrique de l’Ouest.
Mieux, les pontins ont été les premiers Africains qui ont eu à prendre en main l’administration des différents pays d’Afrique de l’Ouest après les indépendances. Beaucoup sont même devenus président de la République ou ministre dans leur pays. Il s’agit, entre autres, de Félix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire, Modibo Keïta au Mali, Hubert Maga au Dahomey (Bénin), Hamani Diori au Niger, Mamadou Dia et Abdoulaye Wade au Sénégal.
Selon les archives de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), les cadres formés de cette école seraient plus de 2000.
Les élèves devaient, à partir de 1933, rédiger et soutenir des mémoires de fin d’études sur un sujet de leur choix : 791 travaux de recherche appelés “cahiers de Ponty” ont été produits et sont conservés actuellement à l’IIfan. Les cahiers de Ponty abordaient les questions économiques, sociales et culturelles de l’époque.

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