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Cours _ La Versification; Le vers: Métrique-Rime-Rythme Deuxième partie: RIME

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Une rime est un retour de sonorités identiques à la fin d’au moins deux vers, avec pour base la dernière voyelle tonique. Différente de l’assonance médiévale, la rime impose l’homophonie des sons consonantiques qui suivent la dernière voyelle prononcée. Elle peut être enrichie par la reprise de sons complémentaires qui précèdent la voyelle.
Noms
Le nom des rimes dépend principalement de leur disposition et des successions de sonorités qui en résultent :
AAAA dans les rimes continues ;
AABB dans les rimes suivies ou plates ou jumelles (… chanté /… été/… dépourvue /… venue) ;
ABAB pour les rimes croisées ou alternées (… pensées /… bruit /… croisées /… nuit) ;
ABBA dans les rimes embrassées (… chandelle /… filant /… s’émerveillant /… belle) ;
sans ordre dans les rimes mêlées ;
ABCABC, voire ABCDABCD, dans les rimes alternées (rares, et surtout au Moyen Âge) ;
AABCCBDDB pour les rimes en rhythmus tripertitus (ou rythme tripartite : même rime tous les trois vers) ;
AAABCCCBDDDB pour les rimes en rhythmus quadripertitus (ou rythme quadripartite : même rime tous les quatre vers).
Il existe aussi certains jeux de reprise, certains plus ou moins abandonnés, comme :
la rime annexée, avec la dernière syllabe de la rime reprise au vers suivant (… agile / Il…) ;
la rime batelée, avec la dernière syllabe du vers rimant à la césure du vers suivant ;
la rime brisée, avec rime supplémentaire à la césure ;
la rime couronnée, avec répétition de syllabe (… priant, criant) ;
la rime dérivative, basée sur des mots de même racine (… apparaît /… disparaît) ;
la rime emperière ou impératrice, avec triplement de la syllabe (… morose rose Rose) ;
la rime enchainée, avec retour de la rime durant tout le vers ou la strophe (ce qui crée une assonance : Je m’étonne que tu chantes, / Et chantonnes…) ;
la rime équivoquée, qui joue sur plusieurs mots (… la rose /… l’arrose) ;
la rime fraternisée ou fratisée, à la fois annexée et équivoquée, avec la dernière syllabe de la rime ressemblant au début au vers suivant (… admettons / Et ton…) ;
la rime grammaticale, qui reprend deux formes fléchies d’un même mot ;
la rime léonine, sur deux syllabes (… souris /… pourris) ;
les rimes redoublées, avec reprise des mêmes rimes ne respectant que l’alternance « rime masculine – rime féminine » ;
la rime senée, avec tous les mots du vers commençant par la même lettre ;
la double couronne, semblable à la rime couronnée avec en plus un écho à l’hémistiche du deuxième vers ;
l’holorime, qui crée un parallélisme entre deux vers entiers ;
le vers léonin, avec rime entre deux hémistiches (… arrive, //… nos rives) ;
etc.
Enfin, la « rime pour l’œil » désigne une fin de vers où une apparence de singulier « rime » avec une apparence de singulier, et une apparence de pluriel avec une apparence de pluriel ; par exemple, Baudelaire fait rimer «… hiver » et «… enlever », qui se ressemblent graphiquement mais se prononcent de façons différentes.
Féminin et masculin
Un vers finit par une rime féminine quand il se termine par un e caduc ; autrement dit, une rime féminine se termine par un son « e », écrit au singulier (« -e ») ou au pluriel (« -es », « -ent »). Les autres cas désignent des rimes masculines.
Pour les 3es personnes du pluriel dans lesquelles la terminaison -ent suit une consonne, la rime est considérée comme féminine : ils surent, ils lurent. Pour les verbes au subjonctif, lorsque la terminaison -ent est placée après une voyelle, la rime est considérée comme féminine si la terminaison est prononcée de la même manière au pluriel et au singulier : qu’ils prient et qu’il prie.
La rime est masculine dans tous les autres cas. Pour les 3es personnes du pluriel dans lesquelles la terminaison -ent suit une voyelle avec laquelle elle forme une seule syllabe, la rime est considérée comme masculine : plantaient, chantaient. Dans ce cas, la terminaison -ent ne peut rimer qu’avec elle-même.
Le genre de la rime ne correspond pas obligatoirement au genre grammatical du mot final : «… un sourire », «… ils pensent », «… la fée » seront considérés comme des rimes féminines ; et «… la mort », «… le mouvement », «… ils volaient », «… qu’ils soient », «… la beauté » seront considérés comme des rimes masculines.
Une rime masculine doit rimer avec une autre rime masculine et une rime féminine avec une autre rime féminine ; par exemple, la rime entre «… chant choral » et «… la chorale » n’est pas permise. L’alternance entre rimes féminines et masculines est d’usage depuis le xvie siècle et de règle depuis Malherbe : par exemple, dans ABBA CCD, si A est masculine, alors B est féminine, C masculine, D féminine.
Phonétiquement parlant, la rime masculine est souvent vocalique et la rime féminine consonantique. Il arrive néanmoins, plus rarement, que ce soit le contraire ; cela crée la diversité orale des rimes. Ces considérations phonétiques peuvent être privilégiées par les poètes modernes par rapport aux règles classiques d’alternance « féminin – masculin ».
Singulier et pluriel
Un vers finit par une rime au pluriel quand il se termine par s, x, z ; dans les autres cas, la rime est au singulier. Singulier et pluriel ne correspondent pas obligatoirement au nombre grammatical : «… le gaz », «… jamais », « les enfants », «… une fois » seront considérés comme des rimes au pluriel.
Une rime au pluriel doit rimer avec une autre rime au pluriel, et une rime au singulier avec une autre rime au singulier. Par contre, il n’y a pas de règle obligeant à alterner rimes au pluriel et au singulier (un poème peut ne contenir que des rimes au singulier).
En conclusion : un féminin singulier doit rimer avec un féminin singulier, un féminin pluriel avec un féminin pluriel, un masculin singulier avec un masculin singulier, et un masculin pluriel avec un masculin pluriel. Les rimes au féminin et au masculin doivent être alternées.
Richesse
La richesse des rimes (parfois désignée comme la « qualité ») est déterminée par le nombre de sons communs :
les rimes pauvres ont un son en commun, la dernière voyelle tonique seule (… aussi /… lit, … vie /… remplie) ;
les rimes suffisantes possèdent deux phonèmes communs, la dernière voyelle tonique (V) + une consonne prononcée (C) derrière ou devant, soit deux combinaisons possibles : V + C ou C + V (… animal /… chacal, … nuées /… huées) ;
les rimes riches présentent trois homophonies entre voyelles toniques et consonnes, avec quatre combinaisons fréquentes : V + C + V (rime léonine), ou C + V + C, ou C + C + V, ou V + C + C (… prêteuse /… emprunteuse) ;
au-delà, on parle de rimes très riches.
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