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FRANCE : “Des milliers d’étudiants ont décroché”

Le président de la CPU s’est félicité sur franceinfo d’un taux de présence de 90% aux examens. Trois points de moins que l’an dernier, “ça nécessite quand même de se demander qui sont ces étudiants qui ne sont pas venus”, estime de son côté le syndicat.

Anne Roger : Je voudrais attirer l’attention sur le fait que la CPU évoque un décrochage qui n’est pas massif, mais il y a quand même un décrochage. J’ai entendu aussi la ministre dire qu’il y avait au moins trois points sur la présence aux examens, en concluant que finalement c’était négligeable.

Même si ce n’est pas massif, ça nécessite quand même une analyse un peu plus qualitative pour se demander qui sont ces étudiants qui ne sont pas venus aux examens. On ne peut pas considérer que ces étudiants-là ne sont pas à considérer. Et puis, deuxième point, on compare des examens qui ont été faits en présentiel l’année dernière, avec des choses qui ont été organisées en distanciel cette année. Donc, on compare des choses qui ne sont pas comparables. Il y a eu des contrôles même ponctuels à distance et évidemment c’est beaucoup plus facile pour un étudiant de se connecter et puis après, éventuellement, ne pas composer ou faire rapidement quelque chose, plutôt que de se déplacer sur un campus. Méfiance sur les conclusions.

Pensez-vous qu’il y a eu de la part des professeurs une plus grande mansuétude dans les corrections des examens ?

De toute évidence, oui. Mais ce sont des choses qui sont qualitatives donc c’est difficile de répondre précisément. Dès le mois de décembre, les témoignages qui nous revenus de nos collègues c’est qu’effectivement ils ont réaménagé pour certains les programmes pour essayer de les adapter à ce qu’ils ont pu faire à distance. Donc, ils évaluent évidemment ce qu’ils ont enseigné, ce qui fait que les résultats aux examens sont moins révélateurs. Il y a eu un énorme travail de lissage pour éviter le décrochage. On salue aussi le travail qui a été fait par tous les collègues pour essayer de tenir les étudiants. Sur le deuxième semestre, on va voir un peu ce qu’il en est.

Dans ce contexte, peut-on considérer que la qualité des diplômes sera maintenue ?

Il ne faut pas oublier quand même qu’il y a pas mal de stages qui n’ont pas été effectués.

En fait, ça ne se verra pas forcément sur la note, sauf que la qualité de la formation sera quand même réduite et dégradée. Nous, on attire l’attention sur le fait que la qualité est effectivement dégradée cette année, à cause des stages à cause du ciel et que la rentrée 2021 est extrêmement importante à anticiper maintenant. Il va falloir qu’on se pose la question de savoir comment, progressivement, on va faire revenir les étudiants au niveau attendu dans les années qui suivent. Il faut très vite se demander comment on peut faire pour aider les étudiants à raccrocher tranquillement.

Au-delà des cours, êtes-vous inquiète pour la vie sociale et le moral des étudiants, d’autant que deux régions devraient bientôt connaître des mesures sanitaires plus strictes ?

Oui, cette perspective nous inquiète beaucoup parce qu’on a déjà tiré la sonnette d’alarme dès le mois de décembre avec des étudiants qu’on trouvait très tristes ou qui décrochaient, qui étaient silencieux, etc. Et donc, ça ne fera que dégrader encore les choses si jamais on était amené à ressortir à nouveau des universités. Là, on est à 20% de présence, ce qui est trois fois rien. On a dans certaines formations des étudiants qui ne sont pas revenus, contrairement à ce qui semble être dit par ailleurs. En préparation Capes, par exemple, les étudiants ne sont quasiment pas revenus et donc si on ferme les universités, ce sera encore plus catastrophique

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