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Classes préparatoires: L’État veut retenir les cracks au pays

Le Président de la République a demandé, lors du dernier Conseil des ministres, l’accélération du processus de création, à partir d’octobre 2021, de classes préparatoires, au niveau du Lycée scientifique d’Excellence de Diourbel. Le système existe déjà dans le privé catholique. Au Collège Sacré-Cœur comme aux Cours Sainte Marie de Hann, plusieurs promotions d’étudiants ont déjà fréquenté les «Prépa» sous l’encadrement d’une expertise locale assez fournie et outillée comme l’ont soutenu les acteurs du système.
Il est 9h 30 au Collège Sacré-Cœur de Dakar. Dans la cour de l’établissement, c’est le calme. Tous les élèves sont en classe. À l’arrière-plan de l’école d’enseignement privé catholique se trouvent les classes préparatoires. Le préfet d’études, Simon Goudiaby, est dans son bureau. C’est lui qui assure l’administration des classes préparatoires. Il en est le Préfet.
C’est la première école qui a initié les classes préparatoires en Afrique noire francophone, révèle Simon Goudiaby. En effet, la première promotion ne comptait que 10 élèves. Aujourd’hui, les effectifs des classes préparatoires du collège Sacré-Cœur tournent autour des 130 apprenants. Ceux-ci sont répartis en raison de 30 à 35 élèves par classe.
Dans cet établissement, les cours préparatoires sont à leur 17ème promotion. Les pensionnaires sont recrutés après le Baccalauréat. Il faut être titulaire d’un bac S1 ou S2 pour prétendre postuler au concours d’entrée aux classes préparatoires du collège Sacré-Cœur. Les candidats subissent des épreuves de mathématiques et de physique en plus de l’entretien. Seuls les meilleurs sont sélectionnés par le collège pour être préparés à regagner les grandes écoles d’ingénieurs au bout de deux ans d’études. Les classes préparatoires du collège Sacré-Cœur ont été créées en partenariat avec deux grandes écoles : l’École supérieure multinationale des télécommunications (Esmt) de Dakar et l’École supérieure d’ingénieurs en génie électrique (Esigelec) de Rouen, en France, renseigne M. Goudiaby. «Les jeunes que nous formons ici sont dans un cycle intégré. Avec une bonne moyenne, l’apprenant peut entrer directement ou à l’Esigelec, une école très cotée en France, ou à l’Esmt de Dakar», explique-t-il.
Dès la première année préparatoire aux hautes études d’ingénieur, rappelle le préfet des études, ces génies en herbe sont initiés à certaines matières telles que les mathématiques, la physique, l’informatique, les sciences et techniques de l’ingénierie, la géopolitique, la géostratégie. Ils apprennent aussi l’anglais et l’espagnol.
Les Cours Sainte-Marie de Hann disposent aussi de classes préparatoires. Elles sont à leur huitième promotion. Cet institut privé catholique a lancé aussi la section classes préparatoires pour élargir son offre d’enseignement, mais aussi pour répondre à un besoin social , à savoir éviter d’envoyer des enfants très tôt à l’extérieur, informe Alfred Quenum, le Coordonnateur de l’Institut Mariste Post-Bac. Ici, la section classes préparatoires a été lancée en partenariat avec la Fédération des établissements supérieurs d’intérêt communautaire (Fesic). C’est sur sélection de dossiers et par concours que l’Institut prend les étudiants qui doivent être préparés à intégrer les grandes écoles. «Pour avoir la chance d’être sélectionné, il faut avoir une moyenne supérieure ou égale à 12/20 et être un bachelier des séries S1 ou S2», a dit M. Quenum. Les Cours Sainte-Marie de Hann forment et préparent ses étudiants à intégrer directement les grandes écoles membres du réseau Fesic à Lyon, à Rennes, à Paris, à Lille, etc. après deux ans d’études.
Aliou Ngamby NDIAYE
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Un système fondé sur le contrôle continu
Dans les classes préparatoires du collège Sacré-Cœur, les matières scientifiques représentent 60% des cours. Les étudiants sont évalués deux fois par semaine dans les matières scientifiques, indique Simon Goudiaby. «Chaque année, ils font 120 heures de contrôle concernant les matières scientifiques. L’apprenant doit aussi faire un stage obligatoirement. Pour passer en classe supérieure, il doit réaliser une moyenne supérieure ou égale à 12/20», indique M. Goudiaby.
Les étudiants qui terminent les deux années d’études en préparatoires regagnent directement les partenaires du collège Sacré-Cœur en France. Selon Simon Goudiaby, 70% d’entre eux vont à Esigelec de Rouen. 20% choisissent l’Esmt de Dakar, tandis que 10% préfèrent d’autres établissements comme les écoles polytechniques.
Dans ces grandes écoles d’ingénieurs, les élèves qui proviennent des classes préparatoires du collège Sacré-Cœur se font distinguer de belle manière. D’après lui, ils n’envient en rien leurs camarades qu’ils trouvent là-bas. Un avis qu’il partage avec son collègue responsable des «Prépa» des Maristes.
«Nous avons l’expertise nécessaire pour l’encadrement. Aujourd’hui, nous avons le potentiel pour offrir aux candidats ce qu’ils vont chercher ailleurs en termes de formation», soutient Alfred Quenum.
Pour la formation et l’encadrement des étudiants, le préfet des classes préparatoires de Sacré-Cœur est parti chercher les meilleurs professeurs de sciences au Sénégal. «Tous nos professeurs des disciplines scientifiques viennent de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar», a souligné M. Goudiaby. Avec un encadrement de qualité, l’école forme de bons étudiants. En termes de résultats, il rappelle que certains apprenants des classes préparatoires arrivent à réaliser des moyennes de 19/20 dans les évaluations. «Je peux vous sortir même les notes. Ce sont de petits cracks», se félicite M. Goudiaby.
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Maintenir les jeunes cracks au pays pour un instant
C’est pour protéger les jeunes «cracks» de certaines mésaventures liées à la vie d’émigrant que les Cours Sacré-Cœur ont lancé les classes préparatoires. «Maintenir les jeunes cracks au Sénégal, deux ans après le baccalauréat, pour les épargner de vivre certaines difficultés qu’ils peuvent rencontrer à cause de leur âge dans un pays où la mentalité et la vie sociale sont totalement différentes», telle est l’idée qui est à l’origine de la création de ces classes, a dit M. Goudiaby. «Quand nous avons mis en place les classes préparatoires, l’objectif est de donner aux jeunes le temps d’être plus mûrs. Nous prenons non seulement le temps de leur donner un très bon enseignement, mais aussi de les aider à mûrir en termes de mentalité», a-t-il précisé. Selon lui, l’étudiant qui reste deux ans dans un pays après le baccalauréat est différent de celui qui va directement en Europe après juste le bac en poche. «Quand tu restes au pays pendant deux ans après le bac, tu deviens plus mature et tu sais mieux pourquoi tu es parti en Europe», renseigne-t-il.
Ng NDIAYE
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287 bourses d’excellence délivrées pour les classes prépa depuis 2015
Entre 2015 et maintenant, 287 bourses d’excellence pour les classes préparatoires ont été attribuées par la Direction des bourses. Elles sont éparpillées entre le Lycée Louis Legrand, Henry IV, Lycée de Valenciennes, entre autres établissements, a affirmé Khalifa Gaye, le Directeur des bourses. Les attributions obéissent à des critères très sélectifs. Ils sont fixés par le décret présidentiel n° 2014/963 du 12 août 2014 stipulant que tout bachelier sénégalais ayant obtenu une Mention Très bien ou Bien, et qui possède une préinscription en classe préparatoire, peut bénéficier d’une bourse d’excellence. Un lauréat du Concours général qui est en terminale peut également en bénéficier, explique Khalifa Gaye. Il précise cependant que, contrairement à ce que pensent certains, la Mention Très bien ou Bien ne donne pas systématiquement la bourse d’excellence pour une classe prépa. «Il faut d’abord avoir une préinscription dans une classe préparatoire. Cependant, précise M. Gaye, il y a des universités avec qui nous avons des conventions qui envoient elles-mêmes des préinscriptions comme le Lycée Louis Le grand. «Dans ce cas de figure, s’il y a des étudiants qui sont très bons et qui n’ont pas de préinscription, on leur en donne», soutient M. Gaye.
Pour chaque boursier d’excellence, l’enveloppe annuelle octroyée par l’État est de 5 millions de FCfa. En plus de cette enveloppe, la Direction des bourses donne 500.000 FCfa au bénéficiaire en guise de soutien, informe Khalifa Gaye.
Oumar FÉDIOR

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