«Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre de l’éducation Nationale, prochainement, veuillez recueillir l’avis des élèves avant de fixer une quelconque date pour l’ouverture des classes».
tePour la petite histoire, le concept «ubbi tey, jangy» a été lancé en 2014/2015 par le régime du Président Sall, afin de mobiliser tous les moyens ainsi que tous les acteurs du système éducatif, avec pour objectif final de démarrer les cours dès le premier jour de rentrée. Personnellement, je suis mal à l’aise avec un tel concept parce que, comme l’assène souvent un collègue et à juste raison, dans un système normal, l’ouverture des classes est faite pour et seulement pour débuter les enseignements-apprentissages.

Sept ans après son lancement, la concrétisation du concept demeure un défi majeur pour le ministère de l’Education nationale. Si dans certains établissements, du public en particulier, ce sont les table-bancs ou des salles de classes qui font défaut, dans d’autres, c’est le manque d’enseignants qui fait obstacle au démarrage effectif des enseignements. Ailleurs, ce sont des écoles où il n’y a ni désherbage ni nettoyage. En somme, c’est l’insalubrité totale.
A ces problèmes listés plus haut, s’ajoute surtout l’absence des apprenants. Dix jours après leur rentrée (14 octobre), la plupart des élèves brillent toujours par leur absence. Les enseignants, à qui je rends un vibrant hommage mérité, présents depuis le 11 octobre pour répondre à l’appel du devoir, se tournent toujours les pouces, pour la plupart d’entre nous. Quelques fois, s’ils arrivent à avoir des élèves, ils ne font cours que très timidement. Nous attendons toujours les nouveaux patrons du système éducatif qui définissent quand est-ce que les cours doivent réellement débuter.
Si ma mémoire est bonne, c’est un Inspecteur de l’Education et de la Formation à Ziguinchor qui a récemment sorti une circulaire ordonnant aux enseignants de faire cours, même avec un seul élève présent. Ceci est une illustration parfaite de la situation en ce début d’année scolaire. Une image peut valoir mille mots/maux. Le changement comportemental ne s’est pas encore réalisé, du moins chez certains acteurs, pour que le «ubbi tey, jang tey» ne soit pas un slogan creux.
Par la seule volonté des élèves, le quantum horaire risque d’être entamé. Ce qui est inacceptable. C’est la raison pour laquelle, je pense qu’il est grand temps que la fin de la récréation soit sifflée pour les années à venir. Comment auraient réagi le ministère de l’éducation, les parents et même les médias, si d’habitude, les élèves en majorité, étaient présents les premiers jours et que ce soient les enseignants qui prolongeaient leurs vacances ?
Bonne année scolaire 2021/2022 à tous les enseignants du Sénégal !
Saliou YATTE
Professeur d’anglais au lycée de Dodel