Université UVS

Entretien avec Dr Mouhamed LOME, Chef de Service Évènementiel à la DCM, suite à sa soutenance de thèse de doctorat

Mouhamed LOME, Chef du Service Événementiel a soutenu sa thèse de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, le vendredi 10 décembre 2021 sur :
« Mobilité étudiante internationale, entre stratégies d’attractivité, motivations étudiantes et communication interculturelle : une étude comparative des modèles français et marocain pour les étudiants d’Afrique Subsaharienne ».

Au terme des débats de la soutenance, le jury lui a décerné le grade de Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication, avec la mention très honorable.

Inscrit à l’Université Paul Valéry Montpellier 3 et à l’Université Mohammed V de Rabat, M. Mouhamed LOME a travaillé sur une étude comparative des modèles français et marocain en matière de politique de mobilité envers les étudiants d’Afrique Subsaharienne afin d’évaluer et de confronter les stratégies d’attractivité et d’accueil, les pratiques et démarches communicationnelles ainsi que la gestion de l’aspect interculturel.

Dans sa mission de valoriser le personnel de l’UVS, la Direction de la Communication et du Marketing va à sa rencontre pour qu’il nous parle davantage de ses travaux de recherche.

Les questions, ci-après, lui      ont été soumises.

  1. Présentez-vous à nos lecteurs

Je m’appelle Mouhamed Lome, j’ai 32 ans. Je suis natif de Ngaye Meckhé où j’ai passé toute ma scolarité jusqu’à l’obtention du Baccalauréat. J’ai ensuite bénéficié d’une bourse du Gouvernement sénégalais qui m’a permis de poursuivre mes études au Maroc. Après, une licence en Littérature française et un Master en Management de la Communication des Organisations, j’ai intégré l’Ambassade de France au Maroc où j’ai passé cinq      années, dans divers services et pour des missions variées. Une très belle expérience !

C’est à partir de 2017 que j’ai décidé de m’engager dans l’aventure doctorale que j’ai menée entre la France et le Maroc, et qui se termine avec cette soutenance. Parallèlement à la thèse de doctorat, j’ai continué à m’activer sur le plan professionnel. C’est ainsi que j’ai intégré, après l’expérience marocaine, la Communauté des Universités et Etablissements du Languedoc-Roussillon (2018) et l’Université de Nîmes en France (2020), en tant que Responsable de la communication et de l’événementiel. J’ai également servi à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, en tant qu’Enseignant-vacataire.

En juin 2021, j’ai décidé de franchir le cap du retour au bercail, et je suis rentré au Sénégal. J’ai saisi l’opportunité que l’Université virtuelle du Sénégal m’a offerte de venir participer à son formidable projet. Je n’ai pas hésité.

2. Vous avez soutenu récemment votre thèse de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, quels ont été les axes de recherche ? 

Les axes de recherches, dans le cadre cette thèse de doctorat, portent principalement sur la mobilité étudiante internationale, la communication interculturelle et les stratégies d’accueil et d’attractivité des pays d’études.

Mes champs de recherche de prédilection, de façon plus globale, concernent la communication interculturelle, le digital, la migration et les politiques d’accueil international. 

3. Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire sur ce sujet ? 

Il y a principalement deux raisons qui m’ont poussées à écrire sur ce sujet. D’abord, mon expérience personnelle ; je suis moi-même un étudiant international, ayant vécu l’expérience de la mobilité étudiante et, surtout, ayant été en contact, grâce à mes activités associatives, avec d’autres étudiants d’autres pays d’Afrique, avec un vécu et une expérience, totalement différents, variés et souvent aux antipodes de ce que j’ai connu.

Ensuite, mon passage à l’Ambassade de France, au sein de Campus      France et de France Alumni Maroc, m’a mis au cœur du système de la mobilité étudiante française. J’ai voulu en savoir plus. J’ai donc décidé d’entamer une thèse de doctorat axée sur ces questions. Afin d’avoir une étude plus poussée, ne reposant pas seulement      sur un seul pays ou un seul point de vue, j’ai décidé de l’inscrire dans une perspective comparative. 

4. Qu’est ce qui est ressorti au terme de votre thèse ? (Les résultats de la recherche)

Pour rappel, l’objectif de ma recherche se résume à analyser les stratégies et pratiques communicationnelles des deux pays d’études, le Maroc et la France, au prisme du management de l’aspect interculturel, et de leurs rapports avec les étudiants subsahariens ainsi que la place que cet aspect interculturel occupe dans ces stratégies.

Il est ressorti de ma thèse que les deux modèles de mobilité étudiante prennent, effectivement, en compte l’aspect interculturel dans leurs politiques et stratégies de communication, et font, même, recours à certaines pratiques de la communication interculturelle. Mais, ils le font de manière différente, propre aux objectifs fondamentaux de chacun des modèles, aux outils utilisés ainsi que dans leurs choix des méthodes et des moyens mis      en œuvre.

Pour le modèle marocain, la question de l’interculturel est présente tout au long du processus, avant – pendant –  après, de la mobilité de l’étudiant. Les outils et les méthodes de communication interculturelle utilisés concernent principalement le recours au canal diplomatique et associatif pour la diffusion d’information et la communication avec les étudiants internationaux. Mais aussi la promotion de la culture et les particularités des étudiants internationaux pendant leurs séjours, à travers les activités associatives, sportives et culturelles financées par les autorités marocaines. Le modèle marocain accorde moins d’importance aux médias classiques, et même les médias      digitaux, qui ne sont que très peu utilisés dans le dispositif.

Le modèle français est, quasiment, à l’opposé de celui du Maroc. L’aspect interculturel est pris en compte en amont comme en aval, mais elle est faite de façon plus marginale et axée sur des facteurs différents. D’abord, avant le départ, la prise en compte de l’interculturel, concerne uniquement l’adaptation linguistique (du français aux autres langues officielles des pays concernés : anglais, portugais et espagnol) des messages conçus en France et diffusés directement aux étudiants cibles. Après l’arrivée de ces derniers, le traitement de l’aspect interculturel est plutôt concentré sur l’intégration de l’étudiant dans la société et le modèle français, plutôt que la promotion de sa culture d’origine. Le modèle français privilégie, par ailleurs, et contrairement au Maroc, la communication de masse, à travers un usage poussé des médias classiques mais aussi du numérique et de l’événementiel. 

5. Comment voyez-vous la contribution de votre recherche dans le champ des SIC ?

Les recherches relatives à la mobilité étudiante internationale ne sont pas très fournies dans le champ des SIC. Très peu d’études sont faites sur les stratégies, pratiques et formes de communication des pays d’accueil. La contribution de cette thèse se situe, d’abord, sur cet aspect, car elle aura permis de mettre en exergu     e le dispositif de communication de deux grandes destinations d’études, en l’occurrence le Maroc et la France. Elle a également permis de mettre en exergue la place et le rôle déterminant de l’aspect culturel et l’interculturel dans les politiques de mobilité étudiante des pays d’accueil, sur leur représentation auprès des étudiants avant et après leur départ. Et enfin, l’étude a permis de montrer le rôle de la communication interculturelle dans les mécanismes de prise de décision des étudiants dans le choix final du pays d’étude. 

6. Que prévoyez-vous de faire prochainement avec vos données ? Pourraient-elles éventuellement servir à l’UVS ?

Il est prévu, en plus de mon premier article, la publication de 3 articles supplémentaires avec les données de cette étude. Un article de contribution sur l’état de l’art sur les questions de l’interculturel et de la communication interculturelle. J’ai réalisé un travail fourni d’investigations sur ces thématiques, avec une comparaison entre les auteurs francophones et anglo-saxons. Les deux autres articles porteront, respectivement, sur les motifs de départ des étudiants internationaux, et sur la représentation de ces derniers sur leurs pays d’études et le rôle de la communication interculturelle sur celle-ci. Ces deux thématiques ne sont pas beaucoup abordées par la littérature alors qu’elles      sont au cœur de ma recherche. Et j’ai obtenu des résultats très intéressants qui pourront, je l’espère, constituer une sérieuse contribution au champ. 

7. Pouvons-nous nous attendre à une poursuite de vos recherches ? 

Je pense que c’est inévitable. J’ai été piqué par le virus de la recherche. C’est un domaine très enrichissant et passionnant. D’autant plus qu’aujourd’hui, je suis dans une nouvelle dynamique, dans un autre pays, et un nouveau champ d’étude qu’est l’Université virtuelle Sénégal, qui est à mon avis, un formidable laboratoire, pour des études en SIC, sur d’innombrables sujets : l’enseignement en ligne, le modèle bimodal, la mobilité à distance, le modèle de l’UVS, etc.

Je réponds donc par l’affirmatif, je continuerai sans doute mes recherches. Elles seront surtout axées sur l’Afrique, en général, et le Sénégal, en particulier, notamment sur son modèle de mobilité étudiante et sur ses innovations pédagogiques. 

8. Votre soutenance en ligne coïncide avec l’ouverture de l’école doctorale de l’UVS et pourrait servir de best practice compte tenu de sa particularité. Quelles recommandations pourriez-vous faire à ses futurs doctorants ?

L’ouverture d’une école doctorale constitue une étape décisive et cruciale dans la marche et le développement de la recherche au sein d’une institution. L’UVS a encore montré sa volonté et démontré sa capacité de constituer une référence en matière de recherche et d’innovation.

Son rôle dans l’organisation de ma soutenance, en mode virtuel, au sein même      de l’Espace numérique ouvert de Dakar, a montré que notre université est, non seulement prête, mais peut rapidement devenir un modèle à      copier.

La stabilité de son réseau, la qualité de ses infrastructures et de ses équipes techniques ont été saluées par tous ceux qui ont participé ou assisté à cette soutenance. Et cela compte énormément, surtout pour le candidat. C’est du stress en moins.

J’invite donc les futurs doctorants de l’UVS à saisir l’opportunité que leur offre notre établissement. L’aventure doctorale appelle, souvent, au doctorant, de devoir être mobile pour avoir accès aux données. Avec l’UVS, c’est sûr, quel que soit l’endroit où il se trouvera, il pourra s’appuyer sur les infrastructures, les ressources numériques et les équipes de l’institution.

9. Le dernier mot 

C’est un mot de remerciement à l’endroit, de mon pays, de ma famille, de mes amis, de mes directeurs de thèse et de mes collègues, anciens comme actuels.

Je tenais à remercier vivement le Professeur Moussa LO, le Coordonnateur de l’UVS qui m’a accordé tout son soutien et son accompagnement, à travers l’implication de toutes les structures pendant tout le processus.

Je remercie particulièrement, mes collègues de la DCM, qui ont accueilli ce grade avec beaucoup de fierté et d’     enthousiasme. Je les remercie profondément pour le soutien et l’affection. C’est une chance d’avoir de tels collègues.

Mon rêve, aujourd’hui, c’est de pouvoir faire le trait d’union entre l’UVS et mes anciennes universités d’attache, pour la mise en place de collaborations, de projets et événements internationaux.

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