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Education : Halte à la diabolisation de l’enseignement public !

«Il est possible de défendre l’enseignement public sans avoir à défendre les écoles publiques telles qu’elles existent actuellement. »1 Herbert Ralph Kohl

Le système éducatif sénégalais vient de sortir d’une autre crise qui a duré trois mois avec un mouvement de grève des enseignants du moyen secondaire et de l’élémentaire. Et c’est le lieu de saluer les efforts consentis par l’Etat du Sénégal dans le cadre de la correction du système de rémunération des agents de la fonction publique sénégalaise.  Seulement, nous nous attendons à ce qu’il prenne son courage à deux mains pour régler définitivement cette problématique qui semble être une patate chaude sous le coude du chef.

Cela dit, force est de constater que pendant cette énième crise, les medias aidant, l’école publique a encore été la cible d’un lynchage qui n’avait d’égal que le mépris avec lequel ses auteurs s’y adonnaient. Pendant des semaines, lors des émissions radiophoniques «wax sa xalaat», sur les plateaux de télévisions ainsi que sur les réseaux sociaux ou « sossal », on a essayé de peindre un tableau

apocalyptique de l’enseignement public. Des sous analystes et pseudo-experts en tout et spécialistes en rien ont, je ne sais pour quelles raisons, engagé une entreprise de diabolisation de l’éducation publique. A l’observation attentive, c’est comme si les écoles publiques étaient faites pour les « moins que sénégalais ». Ce qui pousse souvent la maman vendeuse de légumes de la banlieue et le petit « goorgoorlu » de Béne Tally à sortir leurs enfants du public pour les mettre dans une école quelconque pourvu qu’on l’appelle privé, alors qu’ils peinent à les assurer les trois repas. On crée inutilement la phobie de l’école publique, enfonçant davantage des familles dans la pauvreté extrême.

Certes, l’enseignement public a ses tares systémiques et imperfections. Nous ne le nions pas. C’est ainsi que le Dr Mamadou Khouma2, inspecteur de l’enseignement du Moyen-secondaire, avait eu à énumérer entre autres maux de notre école : « l’instabilité dans l’espace scolaire », une « administration frileuse », « des enseignants peu scrupuleux », « la désorientation des élèves » qui résulterait de « la perte de sens de l’école dans la société ». Et Monsieur Khouma de citer Charles Magnin selon qui « aujourd’hui le savoir est perçu comme devant être fonctionnel et immédiatement utilisable. » Ce qui semble ne pas être le cas avec notre système.  Et je suis tout à fait d’accord avec lui.  Je pourrais ajouter d’autres problèmes tels que le laxisme dans nos établissements ou encore le recrutement politico-politicien, le déficit de formation sans occulter les objectifs contradictoires qu’on assigne souvent aux enseignants. Bref ! Juste pour dire que nous sommes conscients des défis auxquels nous faisons face. Par contre, nous nous réservons le droit tout en nous assignant le devoir de chérir l’école publique pour les raisons suivantes.

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