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Étudiants Africains: Les refus de visa se multiplient

Des dizaines de cas d’étudiants étrangers se faisant refuser leur visa étudiant par Immigration Citoyenneté Canada ont été répertoriés dans des cégeps du Saguenay–Lac-Saint-Jean, une situation dénoncée par les établissements d’enseignement et les élus.

Les francophones en provenance d’Afrique sont souvent confrontés à cette problématique.

Kadiatou Diallo a soumis sa demande de visa étudiant en juin dernier et devait entamer une technique en soins infirmiers au Collège d’Alma. Son rêve s’est envolé lorsqu’elle a reçu la réponse d’Immigration Citoyenneté Canada.

«Mon visa a été refusé. Je suis vraiment très très déçue et triste», a-t-elle déploré.

L’un des motifs évoqués: la crainte que l’étudiante ne retourne pas dans son pays à la fin de son parcours scolaire.

«On voit une contradiction dans les messages dans le sens où au Québec, on vient d’annoncer des extensions de frais de scolarité entre autres en informatique et en soins infirmiers parce qu’on manque de main-d’œuvre», a mentionné Frédéric Tremblay, conseiller en communication pour le Collège d’Alma.

Le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard, tente de faire avancer le dossier. C’est une résidente de sa circonscription qui l’a contacté. Il s’agit de la tante adoptive de Mme Diallo qui lui offre son soutien depuis qu’elle est toute petite.

«On sait qu’il y a un programme provincial, le PEQ, qui vise à garder les étudiants étrangers au Québec et là c’est étrange parce qu’on se fait répondre du gouvernement fédéral qu’on a peur qu’ils ne retournent pas dans leur pays à la fin de leurs études. C’est complètement illogique», s’est exclamé M. Simard.

Autre raison soulevée: le manque de capacité financière. Dans le cas de Kadiatou Diallo, sa tante d’adoption a pourtant prouvé sa capacité à la soutenir financièrement.

Pas la seule

Au Cégep de Jonquière, trois boursiers d’excellence en provenance de l’Afrique sont aux prises avec le même problème.

«Ils ont reçu par exemple des refus pour incapacité financière alors qu’ils sont financés pour venir étudier ici. C’est une situation similaire à ce que d’autres étudiants en provenance d’autres pays ont également alors qu’on ne leur demande pas autant de preuves et les démarches ne sont pas aussi laborieuses», a constaté Sabrina Potvin, conseillère en communication pour le Cégep de Jonquière.

«J’ai l’impression que le gouvernement fédéral fait une discrimination qui n’est même pas cachée envers les étudiants francophones», a clamé le député bloquiste de Jonquière.

Et les statistiques parlent d’elles-mêmes. En 2021, le Cégep de Chicoutimi a recensé 77% refus de visa étudiant, 53% au Cégep de Jonquière et 57% à l’Université du Québec à Chicoutimi. Si on compare avec une institution anglophone comme l’Université McGill, on parle plutôt d’un maigre 9%.

«On est en pénurie de main-d’œuvre, on a un recul du français et ce que fait le gouvernement fédéral, encore une fois c’est de nuire à l’immigration francophone en refusant des étudiants qui viendraient nous donner un coup de main dans un secteur où on en a fort besoin», a-t-il soutenu.

«Depuis toute petite déjà je rêvais d’aller au Québec étudier et avoir un bon emploi», s’est souvenue la jeune étudiante de 25 ans.

«L’apport des étudiants de l’extérieur de la région, des grands centres, mais aussi de l’international, c’est important pour la survie de nos établissements en région», a admis M. Tremblay.

Que se passe-t-il?

Au Collège d’Alma, sur près de 350 demandes internationales, 175 proviennent d’Afrique. Or, sur les 57 nouveaux étudiants internationaux admis, seulement une dizaine sont des Africains francophones.

«La clientèle africaine principalement francophone, ça représente dans nos efforts de recrutement à l’international environ 80% de nos efforts, mais pour peut-être 5 à 10% de résultats», a observé le conseiller en communication.

«S’ils renversent la demande de visa et que je puisse l’obtenir ce serait vraiment génial», souhaite Kadiatou Diallo.

Mario Simard ne compte pas en rester là. Il entamera d’autres démarches auprès du ministre afin que la décision soit revue.

«On a décidé moi et Alexis-Brunelle Duceppe de ne plus laisser passer aucun cas et de les dénoncer toutes les fois où c’est porté à notre attention», a-t-il promis.

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