Calendrier électoral Vs. calendrier scolaire : comment faire pour que l’école ne souffre davantage?

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Beaucoup de voix se font entendre sans cesse à l’orée de l’année scolaire 2018-2019. Si certaines portent la marque des parents d’élèves priant pour une année scolaire paisible, d’autres proviennent tout simplement des syndicalistes qui rappellent à l’Etat ses engagements.

Une année électorale est toujours le moment propice à toute forme de surenchères aussi bien de la part des politiques, des chefs d’entreprises, des religieux, des étudiants que des syndicats. Les deux derniers groupes demeurent les plus grands joueurs dans ce domaine et force est de reconnaître que parfois ils en font un peu trop. L’atmosphère de série noire où nous ont plongé certains épisodes de 2017-2018, avec des grèves interminables, taraude toujours l’esprit des plus optimistes quant à l’avenir du système éducatif sénégalais.

Les grèves cycliques devenues une habitude à laquelle les acteurs de l’école semblent se faire, avec grande résignation, continuent de planer au-dessus de nos têtes telle une épée de Damoclès. Les droits des enfants s’en trouvent ainsi violés au nom des devoirs auxquels aspire légitimement le corps enseignant. Les nombreuses perturbations de l’année scolaire précédente ont réussi la prouesse de démontrer à suffisance que le désamour entre gouvernement et syndicats est indescriptible. Car, il faut bien le reconnaître, il ne s’agit pas que de désaccords entre ces deux groupes. La manie des autorités de tenir la dragée haute aux syndicats d’enseignants qui se radicalisent par conséquent n’en est pas la seule cause : le département de l’éducation a fini d’étaler son manque d’efficacité devant ses employés dont la carrière, l’avancement, et le traitement constituent des questions centrales auxquelles il devrait apporter les solutions idoines.

La méprise ou du moins le manque de considération des enseignants par les autorités étatiques s’est encore une fois sentie lors de la journée mondiale des enseignants, le 05 Octobre. Dans un contexte où l’on parle du concept « Ubbi Tay, Jànga Tay », on ne pouvait pas trouver mieux que cette journée pour communiquer sur l’état de l’exécution des accords et sur les préalables pour avoir une année scolaire paisible. Si les syndicats ont en effet profité des vacances pour rappeler au gouvernement ses promesses notamment pour ce qui est de l’augmentation de 15 mille francs à la fin de ce mois, l’Etat s’est appesanti sur des réactions en lieu et place des actions. La réalisation de cet engagement de rehausser l’indemnité, fait urbi et orbi pourra chasser tout prétexte de ruer dans les brancards en cette année électorale. Alors la balle est dans le camp du pouvoir.

Lors de sa visite sous haute surveillance à l’Université de Dakar, le 04 Octobre passé, le président Macky Sall avait réitéré sa promesse d’augmenter la bourse des étudiants dès la fin de ce mois et a donné des garanties sur la justice pour le meurtre de Fallou Séne. Pour les enseignants, l’examen et l’adoption en conseil des ministres (le 03 octobre 2018) du projet de décret modifiant le décret numéro 2018-803 du 30 avril 2018 portant création du Certificat d’Aptitude aux fonctions de professeur de collège d’enseignement moyen en éducation physique et sportive (CAPCEM-EPS) augure d’une bonne volonté de la part des autoritésVoilà des actes qui vont dans le sens de satisfaire la revendication des uns et des autres pour une année sans grève. En matérialisant les accords, le gouvernement ne fera pas que tenir ses promesses mais coupera par la même occasion l’herbe sous les pieds des politiciens qui veulent faire du système leurs fonds de commerce.

Le système éducatif sénégalais dépasse le seul domaine public et s’ouvre à l’enseignement privé. Pourtant, les étudiants envoyés dans les établissements privés risquent l’exclusion dès la rentrée. Il y a juste quelques jours, le collectif des établissements privés, est monté au créneau pour réclamer un dû de plus de 10 milliards à l’Etat du Sénégal. Pour éviter une injustice sociale à l’endroit de ces étudiants que l’Etat a inscrits dans ces écoles et instituts, sans leur demander leurs avis, il s’impose à l’autorité de s’acquitter de cette dette dans les délais. A rappeler que cette sortie des établissements privés est la énième du genre et prouve qu’il y a encore un long chemin à faire pour garantir une éducation pour tous dans un Sénégal de tous.

Ababacar GAYE

ababacarguaye@yahoo.fr

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