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EDUCATION : AFRICANISER LA LANGUE ET LE SAVOIR

C’est quand même difficile de s’exprimer dans une langue qui n’est pas la sienne. Essayer d’utiliser un mot importé pour qualifier un apanage du terroir….C’est même devenu une sorte de complexe chez certains, on parle français pour montrer son niveau intellectuel…
Le niveau primaire de l’enseignement sénégalais est composé de 6 classes, 6 années d’études. Dans la majorité de ces classes, on apprend juste comment parler et écrire le français. Le débat sur un enseignement dans les langues maternelles revient toujours. Les petits français apprennent t-ils en anglais ? Les petits americains apprennent-ils en japonais ? Non ! Je ne dis pas que nous devons créer illico presto des langues et les enseigner mais nous devons inclure l’enseignement de langues africaines dans notre système.
Il y’a une sorte de rupture entre les intellectuels et le peuple en Afrique. Le savoir reste cloisonné dans certains milieux notamment universitaires. Au fond, nous ( chercheurs et jeunes chercheurs ) devons nous poser la question suivante : QUELLE EST LA CONTRIBUTION DE NOTRE TRAVAIL À LA SOCIÉTÉ ? Cela doit être une question essentielle pour les jeunes chercheurs africains surtout. J’ai toujours mal quand un camarade me dit qu’il travaille sur l’Europe ou les Etats Unis. Certes, un travail scientifique n’a pas de limites géographiques mais nous qui sommes africains avons une situation différente des autres continents. Nous devons nous relever et bâtir une afrique meilleure. Nous qui sortons de l’esclavage et de la colonisation.
Une autre chose, c’est democratiser le savoir. On a tendance à cloisonner le savoir dans les milieux intellectuels. Cette distance entre le peuple et les intellectuels que je soulignais quelques lignes plus hautes. Je prends l’exemple de quelqu’un qui soutient sa thèse sur l’histoire du Cayor. Il peut ecrire une excellente thèse mais cela n’a pas d’impact, de sens, si les cayorois ne prennent pas connaissance de ces informations qui concernent leur histoire. C’est ce qui se passe malheureusement.
Au fond, il s’agit d’un problème de système. Au moment des indépendances, il fallait repenser un certain nombre de choses. Malheureusement, cela n’a pas eu lieu ce qui fait que jusqu’à maintenant nous avons les mêmes maux. Pire, ceux qui doivent décider détournent le regard et s’érigent en spectateurs dans un film où ils sont l’agneau du sacrifice…
Bathie Samba Diagne
Étudiant au département d’histoire, Ucad

1 commentaire

  • Excellente contribution cher condisciple.Le Sénégal a besoin de cet esprit de patriotisme.C’est un acte d’une valeur inestimable.De ma part,je vous transmet toutes mes félicitations.
    Puis-je savoir comment faire pour parvenir à publier au niveau de ce site?

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