En Afrique on semble donner raison à Nietzsche lorsque celui-ci assimilait l’État à un monstre froid et un menteur(Le défi de l’Afrique)

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En Afrique on semble donner raison à Nietzsche lorsque celui-ci assimilait l’État à un monstre froid et un menteur. On peut voir derrière cette conception de Nietzsche un certain paradoxe si l’on sait que l’État doit avoir une mission régalienne et protectrice à l’endroit de ses sujets. Cette mission originelle de l’État se heurte à un système perverti qui a fini de dénaturer la quintessence de celui-ci. L’épanouissement de l’homme s’effrite et se détériore dans nos États actuels. Ce funeste constat qui est une réalité indéniable est illustré par la souffrance de la grande majorité des populations africaines. Pourtant l’État tire son existence et sa condition de possibilité du peuple. Un peuple trahi par une « élite » aristocratique qui prétend représenter ce même peuple. Une représentation mensongère et hypocrite dont les citoyens sont victimes de façon violente. Toutefois c’est le peuple qui confère à l’État son pouvoir. Malheureusement, ce pouvoir, l’État en use contre ce peuple qui l’a engendré. Le peuple et la nation constituent respectivement le père et la mère de l’État. Sans le peuple et la nation l’État ne saurait exister. Ce fils impétueux qui ne trouve rien de mieux à faire que de commettre le parricide et l’inceste. S’il était resté le digne fils, c’est à dire l’État au vrai sens, tout le monde s’épanouirait dans un cadre semblable aux jardins d’Eden. Mais dès que « l’État » a cessé d’être État, il a commis et continue de commettre un sacrilège horrible: l’épanouissement et le bonheur cèdent le pas à l’avilissement et au malheur. Nos dirigeants se sucrent derrière le dos de ceux qui les ont portés au pouvoir. Une fois dans le monde du pouvoir, ils oublient le vrai monde tel Er dans la mythologie grecque, qui, après avoir bu l’eau du fleuve de l’oubli, est devenu amnésique de sa vie antérieure. Sauf qu’ici les dirigeants feignent d’ignorer la triste réalité que vivent les populations. Le problème de l’Afrique est tributaire d’une pathologie pouvoiriste et mégalomane de ses élites. L’Afrique est prise en otage par ses propres dirigeants et ce depuis l’esclavage jusqu’au néocolonialisme en passant bien entendu par la colonisation. Ce qu’il faut maintenant pour sortir l’Afrique de ce désastre, c’est une conscience morale, éthique et patriotique. L’heure est plus que grave, d’autant plus qu’ un peu partout en Afrique on découvre de nouveaux gisements de ressources minières. Pour faire sortir l’Afrique de l’ornière de la pauvreté, il faut miser sur l’éducation et la formation des jeunes; cette élite de demain. Mais une formation surtout morale et spirituelle pour tirer enfin l’Afrique des profondeurs abyssales de l’ignorance et la hisser au sommet de la lumière de la prospérité.

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