L’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM), facteur d’intégration sociale des migrants et des réfugiés d’Afrique de l’Ouest

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Le bureau de l’UNESCO Dakar a souligné l’importance de l’éducation inclusive et de la mise en œuvre effective de l’éducation civique pour les pays de l’Afrique de l’Ouest lors de réunions qui se sont tenues les 19 et 20 novembre à New York., sur le thème « Exploiter les avantages et relever les défis de la migration ».

L’Afrique de l’Ouest accueille aujourd’hui 6,8 millions de migrants, chiffre qui devrait augmenter pour diverses raisons, telles que la croissance démographique, les conflits et les changements climatiques. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Afrique de l’Ouest fournit l‘exemple le plus représentatif de migration intrarégionale en Afrique subsaharienne avec 70% de mouvements migratoires liés à l’emploi dans la sous-région. Cependant, ces dernières années, la migration irrégulière de l’Afrique subsaharienne vers l’Europe et entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale a considérablement augmenté.

La migration offre ses avantages, mais pose également des problèmes lorsqu’elle est mal gérée. En septembre 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration de New York | Réfugiés et migrants, visant à élaborer le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui sera adopté lors de la Conférence intergouvernementale sur le Pacte mondial pour l’adoption du Pacte Mondial sur les migrations à Marrakech, Maroc, des 10 et 11 décembre 2018. Pour préparer sa mise en œuvre, le bureau de Konrad Adenauer Stiftung (KAS), à New York, a organisé le 19 novembre une rencontre d’experts suivie du lancement public du livre « La question des réfugiés et des migrants dans le droit et la politique » le 20 novembre.

L’un des débats a porté sur l’intégration des réfugiés et des migrants dans les pays d’accueil, qui recoupe différents domaines politiques, notamment la protection des droits de l’homme et de l’emploi des migrants, ainsi que la sécurité nationale et la cohésion sociale. L’UNESCO, par le biais de son programme d’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM), vise à doter les apprenants de valeurs, de connaissances et de compétences fondées sur le respect des droits de l’homme, la justice sociale et la diversité, afin de donner aux apprenants les moyens de devenir des citoyens du monde actifs et responsables. L’UNESCO Dakar, qui a activement mis en œuvre le programme ECM en Afrique de l’Ouest et au Sahel par le renforcement des capacités des décideurs et des formateurs d’enseignants, du développement du curriculum et du plaidoyer, a été invitée à partager ses expériences pour enrichir le débat lié à l’objectif 16 du Pacte mondial, qui « Vise à donner aux migrants et aux sociétés les moyens de parvenir à une pleine inclusion et la cohésion sociale. »

Akemi Yonemura, Spécialiste de programme pour l’UNESCO Dakar, s’est penchée sur les facteurs de la migration en Afrique de l’Ouest, les problèmes sociaux potentiels associés à la migration, et le rôle de l’éducation, en particulier de l’éducation civique dans la résolution du problème des migrants et des réfugiés, ainsi que sur l’importance de comprendre les différents contextes des communautés d’origine et de destination. En Afrique de l’Ouest, le faible niveau d’alphabétisation et d’éducation formelle, la diversité des langues locales et le faible usage des langues officielles posent des difficultés pour l’éducation civique dans le cadre de l’éducation formelle. Elle a ensuite présenté quelques exemples d’éducation non formelle et informelle, d’utilisation de divers médias et de la participation des communautés à la fois en Afrique de l’Ouest et à l’extérieur, ainsi que la limite des méthodes d’évaluation actuelles pour mesurer l’apprentissage des étudiants. En conclusion, elle a partagé les enseignements acquis et les recommandations pour l’avenir afin de mener à bien et d’évaluer efficacement les activités liées à l’éducation civique dans les pays d’Afrique de l’Ouest.

Afin de réussir la mise en œuvre du Pacte mondial, les participants ont réitéré l’importance d’une éducation qui contribue à développer les compétences socio-affectives permettant aux migrants et aux communautés d’accueil de vivre ensemble dans le respect et la paix. Mme Andrea Ostheimer, directrice de la KAS, a souligné: « Le Pacte mondial ne doit pas se limiter aux affaires intergouvernementales, nous devons générer l’appropriation de toutes les parties prenantes. L’intégration et l’autonomisation sont les facteurs clés de la réussite. »

Le travail de l’UNESCO en matière de migration

L’UNESCO travaille sur les questions des migrations à travers différents secteurs et instruments, tels que la Convention des Nations Unies sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille (2003) et la Convention révisée sur la reconnaissance des études, certificats, diplômes et autres diplômes, grades et autres titres de l’enseignement supérieur dans les États d’Afrique (2014). Avant la Conférence intergouvernementale sur le Pacte mondial pour les migrations, le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) pour 2019, qui se focalisera sur le thème des migrations et des déplacements, sera publié le 20 novembre au niveau mondial. Le lancement régional du rapport GEM pour l’Afrique l’Ouest et de Centre aura lieu le 7 décembre à Dakar, au Sénégal.

UNESCO

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