VERS UNE «DISLOCATION» DU G6

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Le dépôt tous azimuts des préavis de grève des syndicats d’enseignants, en ordre dispersé, semble dégager des horizons nuageux d’une unité syndicale.
L’union fait la force ! On l’aura compris tout comme les syndicats d’enseignants les plus représentatifs l’ont matérialisé l’année dernière pour faire face au gouvernement dans le cadre des négociations sur les différents points de revendications. Les jalons de cette dynamique unitaire en gestation à l’initiative de Mamadou Diouf et Mamadou Diop «Castro», commencent à présenter des signes d’une éventuelle dislocation. En effet, l’unité d’actions pour que la lutte soit efficace, présente des signes d’un horizon nuageux.On se rappelle de la levée du mot d’ordre lors de la défunte année faite dans des conditions plus ou moins acceptables pour un cadre unitaire. Alors que la société civile, notamment la Cosydep avait déjà travaillé en coulisses pour une suspension collective des mots d’ordre de grève, les syndicats du G6 (Saemss, Cusems, Sels, Sels/A, Uden et Snelas/Fc) étaient partis en ordre dispersé suite à la sortie du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam.L’unité syndicale a pris un sacré coup pendant cette période, même si les syndicats en lutte avaient obtenu gain de cause, notamment l’augmentation de l’indemnité de logement échelonnée sur une période définie. Le fossé entre les syndicats du G6 s’est creusé davantage avec le dépôt en solo des préavis de grève dès le début de l’année 2018/2019, pour alerter sur les lenteurs notées dans la mise en œuvre des revendications inscrites dans le protocole du 30 avril 2018.C’est le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen-secondaire (Cusems) qui ouvre le bal avec un préavis de grève déposé le 3 janvier dernier. Abdoulaye Ndoye et ses camarades dénoncent le manque de volonté politique pour la prise en charge des accords. Le syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire (Saemss) emboite le pas en posant sur le table du ministère de la Fonction publique un préavis couvrant la période du 17 janvier au 31 décembre 2019. Le motif reste le même : apurement immédiat du passif du protocole. Mais auparavant, le syndical des enseignants libres du Sénégal de Souleymane Diallo exigeaient l’ouverture de négociations sérieuses sur 5 points : amélioration du statut des enseignants non fonctionnaires ; lenteurs administratives ; questions d’ordre pédagogique et financier.Si le gouvernement tente d’apporter jusqu’ici des réponses aux différents points contenus dans le protocole, il n’en demeure pas moins que les syndicats, en ordre plus ou moins dispersés, semblent être sur le pied de guerre. Toutefois, ils devront aussi évacuer des préoccupations des syndicats de divers ordres. En effet, les intérêts des organisations de l’élémentaire ne sont pas forcément ceux des syndicats du moyen-secondaire.Prenons le point sur l’indemnité de logement, des voix autorisées s’élèvent pour signaler que la mise en œuvre d’un tel accord devrait se faire selon le profil. La somme retenue pour les 100.000 FCfa n’arrangerait pas les choses, sachant que l’enseignant qui a un Bac+6 ne peut pas avoir le même montant que celui qui a Bac+2.«On ne peut pas occulter cette dimension», nous dira-t-on. «La sortie des actes constitue un casse-tête pour les professeurs du moyen-secondaire car c’est un décret signé par le président de la République, alors que les enseignants de l’élémentaire n’ont pas besoin d’un arrêté pour obtenir un acte», nous souffle un membre du directoire d’un syndicat. Avant d’ajouter : « Sur la question des passerelles professionnelles, les enseignants de l’élémentaire passent par un processus plus léger pour gravir les échelons pour devenir même professeur d’enseignement secondaire ou inspecteur».

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