Réuni ce 8 avril 2026 à l’occasion de sa Commission administrative (CA), le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (SAEMSS), sous la présidence de son Secrétaire général national El Hadji Malick Youm, a dressé un tableau préoccupant de la situation du système éducatif sénégalais.
Placés sous le thème : « L’école sénégalaise au bord de l’année blanche : quelles stratégies pour sauver le levier de transformation de notre capital humain ? », les travaux ont permis d’évaluer en profondeur l’année scolaire 2025-2026, marquée par une crise persistante depuis plus de sept mois.
Dans son allocution, le Secrétaire général national a rappelé que cette rencontre regroupe l’ensemble des représentants du SAEMSS issus des inspections de l’éducation et de la formation (IEF) et des inspections d’académie (IA) à travers le pays. L’objectif principal est d’évaluer le déroulement de l’année scolaire fortement perturbée par les mouvements d’humeur des enseignants, en lien avec la non-application d’accords signés avec le gouvernement.
Selon M. Youm, le SAEMSS déplore « l’attentisme » des autorités face à des revendications jugées non nouvelles, portant notamment sur la retraite, la rémunération, la révision des décrets liés au statut des enseignants, ainsi que la fiscalité appliquée aux rappels de salaire. Il a également dénoncé certaines sorties médiatiques d’autorités qu’il considère comme « de nature à fragiliser la corporation enseignante ».
Évoquant les discussions récentes avec le gouvernement, notamment la rencontre du 23 mars 2026 et celle tenue la veille de la CA, le responsable syndical a souligné des divergences persistantes. Le gouvernement, selon lui, renvoie certaines revendications à des études ou audits, tandis que les syndicats réclament des mesures concrètes et immédiates, ainsi qu’un calendrier clair d’application.
Face à cette situation, le SAEMSS appelle à l’implication directe du Président de la République afin d’éviter une crise majeure du système éducatif. M. Youm a rappelé que le Sénégal n’a connu que de rares précédents d’années blanches ou invalidées, notamment sous Abdou Diouf en 1988 et en 1994, insistant sur la nécessité de préserver la continuité du service public de l’éducation.
Le syndicat annonce par ailleurs la tenue prochaine d’une plénière du G7 des syndicats d’enseignants, prévue lundi, pour évaluer le projet de protocole soumis par le gouvernement et définir une position commune. Deux scénarios se dessinent : une désescalade en cas de réponses satisfaisantes ou une radicalisation du mouvement en cas de blocage.
Enfin, le SAEMSS a alerté sur l’état d’avancement de l’année scolaire. Sur un quantum horaire annuel prévu de 1240 heures, plus de 150 heures auraient déjà été perdues en raison des grèves. Avec un troisième trimestre de 15 semaines déjà entamé, le syndicat estime que toute prolongation de la crise pourrait compromettre irrémédiablement l’année scolaire 2025-2026.
Dans ce contexte tendu, les enseignants réaffirment leur engagement à défendre leurs droits tout en appelant à des solutions urgentes pour sauver l’école sénégalaise, considérée comme un pilier essentiel du développement du capital humain du pays.

