Education du Sénégal : Examens en vue, heures perdues , Ziguinchor s’enlise dans la grève

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À quelques mois des examens de fin d’année, l’école vacille dans l’académie de Ziguinchor. Entre mouvements d’humeur des enseignants et grèves d’élèves contestant un calendrier jugé trop serré, les cours s’interrompent, les compositions sont perturbées et le volume horaire s’effondre.

ZIGUINCHOR- Dans plusieurs établissements de Ziguinchor, les salles de classe se remplissent le matin pour se vider aussitôt, faute d’enseignements effectifs. Depuis plusieurs semaines, le système éducatif fonctionne au ralenti, pris en étau entre des revendications syndicales d’enseignants et un mouvement de contestation d’élèves refusant de composer, estimant ne pas disposer d’un temps suffisant pour les révisions. Le résultat est alarmant. Des journées entières sont perdues et le quantum horaire serait largement en dessous des normes attendues. Alors qu’une année scolaire complète devrait atteindre environ 900 heures d’apprentissage, les projections actuelles laissent craindre que les élèves de Ziguinchor n’atteignent même pas les 800 heures. Une situation particulièrement préoccupante pour les classes d’examen, déjà sous pression à l’approche des échéances académiques. Coordonnateur régional de la Cosydep, Moussa Sakho ne cache pas son inquiétude face à cette répétition de crises scolaires. « Nous ne pouvons que déplorer et dénoncer ces perturbations récurrentes dans la circonscription et l’académie de Ziguinchor. Entre les grèves d’élèves et celles des enseignants, c’est le temps d’apprentissage qui en pâtit gravement, avec des conséquences directes sur la qualité des enseignements et les performances des apprenants », regrette-t-il. Du côté des parents d’élèves, l’incompréhension et l’angoisse grandissent. Directeur de l’école élémentaire de Boutoute, M. Mané exprime un sentiment largement partagé. « Comme parents, nous vivons cette situation avec beaucoup d’amertume. Nous sommes déjà au mois de mars et les examens approchent à grands pas. Il devient urgent que chaque partie fasse preuve de responsabilité et parle avec sincérité pour trouver une solution », confie-t-il à des médias locaux.

Des élèves entre stress et incertitude

Dans les établissements, les apprenants disent vivre une année scolaire marquée par la peur et l’instabilité. Dior Mboup, présidente du gouvernement scolaire du Cem Soucoupapaye, décrit un climat d’inquiétude permanent. « Nous sommes en classe de Troisième et nous préparons un examen décisif. Depuis plus d’une semaine, nous ne faisons presque pas cours. Des élèves viennent même interrompre les activités et nous empêcher de composer. Nous avons perdu énormément d’heures », explique-t-elle. Les enseignants eux-mêmes reconnaissent le malaise général, tout en soulignant les conséquences sociales de cette crise scolaire. Professeur d’anglais au Cem Soucoupapaye, Moussa Ndao insiste sur la dimension humaine de la situation. « Avant d’être enseignants, nous sommes aussi des parents. Voir des enfants partir à l’école et revenir sans avoir appris quoi que ce soit est difficilement acceptable pour nous tous », admet-il. À mesure que l’année scolaire avance, l’équation devient de plus en plus complexe. Entre programmes inachevés, évaluations reportées et climat de tension persistant, l’école à Ziguinchor semble engagée dans une course contre la montre. Pour de nombreux acteurs éducatifs, seule une concertation urgente entre autorités, enseignants et élèves pourrait éviter que cette année scolaire ne laisse des séquelles durables sur toute une génération d’apprenants.

Gaustin DIATTA (Correspondant)

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