Education du Sénégal : Le Saes dénonce une situation préoccupante à l’Université numérique

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La section du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk) a tenu, hier, lundi 8 juin, un point de presse à Dakar. Elle alerte la tutelle sur une situation jugée préoccupante dans cette institution avec notamment le manque criant d’infrastructures doublé de difficultés liées à la gouvernance entre autres. 

« Si nous avons souhaité rencontrer la presse aujourd’hui, c’est parce que l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (Un-Chk) traverse une grave crise », a déclaré, hier, lundi 8 juin, le coordonnateur de la section locale du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes), Mouhamadou Lamine Sarr, lors d’un point de presse tenu à Dakar.

M. Sarr et ses camarades ont effectué cette sortie médiatique pour, disent-ils, alerter la tutelle sur la situation qu’ils jugent préoccupante dans leur université. Après 12 années de construction et de sacrifices, a indiqué M. Sarr, « l’Un-Chk est engagée dans une trajectoire très préoccupante qui torpille sa stabilité, son fonctionnement et qui menace de compromettre l’avenir de plus de 60.000 étudiants ».

« La situation est aujourd’hui extrêmement préoccupante. À huit semaines des vacances académiques, l’université n’a pas encore démarré l’année académique 2025-2026. Les étudiants orientés depuis octobre 2025 n’ont pas encore débuté les enseignements », a fait savoir le responsable syndical.

Il a saisi l’occasion pour tirer la sonnette et alerter l’État et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la communauté universitaire ainsi que l’opinion publique sur la « gravité de la situation ».

La section Saes/Un-Chk demande ainsi à ses membres de rester mobilisés pour défendre leur institution. Elle n’exclut pas de se faire entendre par d’autres moyens si les autorités continuent de rester insensibles à la situation qui prévaut dans cette université.

Le coordonnateur de la section Saes de l’Un-Chk évoque, entre autres difficultés, l’insuffisance du budget, le manque d’infrastructures, les retards dans la distribution des outils de travail pour les étudiants et dans l’agenda académique, les problèmes de connectivité ainsi que certaines questions liées à la gouvernance.

Des résultats malgré tout

Il a fait savoir que pendant de nombreuses années, les enseignants n’ont pas pris de vacances et ont longtemps travaillé pour rattraper les retards. Le personnel administratif et technique, a-t-il dit, s’est investi sans relâche.

Le responsable syndical affirme que les étudiants ont fait preuve d’une résilience remarquable pour étudier et réussir dans un contexte qui n’est pas toujours favorable.

« Grâce à ces efforts collectifs, l’Un-Chk est parvenue à obtenir des résultats dont nous pouvons être fiers », note le syndicaliste, soulignant qu’aujourd’hui, « avec la gestion de l’actuel recteur, la situation est toute autre ».

Mouhamadou Lamine Sarr soutient que depuis 16 mois, son université fait face à une « mal gouvernance inqualifiable » et les problèmes s’accumulent. Il évoque notamment la tenue de deux conseils académiques en 16 mois, en violation des textes en vigueur ; sans oublier la seule réunion de coordination tenue durant cette période.

Il dénonce également la marginalisation des instances dont certaines sont remplacées par un « cabinet informel » composé d’agents à la retraite et de personnes externes.

En plus, à en croire le syndicaliste, « plus de 50 contrats de travail ont été arrêtés sans concertation avec les structures concernées ».

S’y ajoutent, dit-il, « l’opacité de la campagne de recrutement du personnel administratif, la sous-traitance de la gestion des ressources humaines à un agent à la retraite sous contrat spécial ainsi que les négligences dans la gouvernance institutionnelle (activités pédagogiques non budgétisées) et la dégradation continue du climat social marqué par une remise en cause des acquis sociaux ».

Aliou KANDE

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