Après deux mois de fermeture, le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a rouvert ses portes, jeudi dernier. Les étudiants reviennent peu à peu, munis de leurs valises et de leurs cartes, sous l’œil vigilant des agents de sécurité.
Les portes d’entrée du Coud commencent à accueillir peu à peu les premières vagues d’étudiants de retour au campus social après les grandes vacances. Depuis le 15 octobre courant, le campus social a rouvert ses portes pour une nouvelle année académique. À l’entrée principale située sur l’avenue Cheikh Anta Diop, notamment au rond-point, les taxis avec à bord des étudiants entrent et sortent en continu, déposant leurs passagers munis de valises, de sacs et de sachets entre autres bagages. Ici, il faut montrer patte blanche pour entrer dans les lieux. Le protocole de sécurité en vigueur dans cet espace est strictement appliqué par les proposés à la porte.
Avant toute entrée, une fouille minutieuse est effectuée sur les malles de véhicules et sur les bagages qu’elles contiennent. Les étudiants se mettent à distance pour laisser les agents de sécurité inspecter leurs affaires. Après cette première étape, il faut présenter aussi sa carte d’étudiant pour l’année 2026. Ceux qui ne disposent pas encore de leur carte doivent montrer leur enrôlement. Le contrôle se fait à l’aide d’un appareil qui passe au scanner le Qr code figurant sur la carte ou sur le document d’enrôlement. Comme si cela ne suffisait pas, un autre appareil est pointé sur le visage du concerné afin de vérifier qu’il est le vrai détenteur des papiers qu’il a montré. Une fois cette vérification effectuée, l’étudiant peut accéder au campus. Le filtre ne laisse pas tout le monde passer. Nombre d’étudiants sont bloqués au seuil du campus pour diverses raisons. Ousseynou Diassy en fait partie. Valise et sac au dos, il fait partie des recalés. Notre interlocuteur se présente comme un étudiant du Centre de formation professionnelle et commerciale (Cfpc), Maurice Delafosse, mais logé au campus puisqu’il était auparavant à la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp). Après le contrôle de son enrôlement, celui-ci s’avère expiré, car datant de 2025. Ce qui l’empêche d’accéder aux lieux. « J’étais logé dans un des appartements loués pour notre amicale durant les vacances. Mais avec l’ouverture du campus, je me suis dit que je pouvais rejoindre les lieux pour économiser un peu d’argent. Mais voilà qu’on me refuse l’accès », déclare-t-il.
Une rentrée sous haute sécurité
Pendant ce temps, les contrôles d’identité, les fouilles et les entrées continuent de s’effectuer au rythme des arrivées. Les boutiques fermées pendant les deux mois de vacances, rouvrent aussi leurs portes. Ahmadou Ka, étudiant en première année de lettres modernes, confie avoir passé ses vacances à Mbacké, auprès de sa famille. L’étudiant affirme avoir passé de bons moments. « Nous voilà de retour. C’est bien que nous reprenions les cours et revoyions les amis. Mais aussi, c’est le retour du manque de sommeil et de la bouffe qui laisse souvent à désirer », fait-il savoir, tout en souhaitant que l’année ne soit pas perturbée par les mouvements de grève.
Après l’accès au campus social, il y a lieu de préciser que les étudiants doivent s’acquitter de leurs frais de logement pour rejoindre leurs chambres respectives. Les paiements se font à l’entrée du pavillon B. Ici, la file d’attente est longue, de sorte que certains sont même assis par terre, attendant que leur tour arrive. Pour Rahmane Kadam, retrouvé dans le rang pour payer ses frais de logement, cette formalité importante devait être digitalisée pour permettre à l’étudiant de gagner du temps. Inscrit à la Faculté des Lettres et Sciences humaines (Flsh), il a fait savoir que cela fait toujours du bien de prendre des vacances, de passer du temps avec la famille après des mois d’études intenses.
À l’heure du déjeuner, certains des étudiants déjà présents sur le campus social se dirigent vers le restaurant central pour s’alimenter ou vers le point de vente des tickets. Ramatoulaye Sidibé, étudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) et pensionnaire du campus confie qu’elle est actuellement seule dans sa chambre en attendant l’arrivée de ses camarades qui, dit-elle, attendaient le week-end pour rejoindre les lieux. D’après elle, le retour au campus se passe bien et se félicite aussi de la propreté des pavillons. Mohamadou Kandé, agent de sécurité au Coud, se montre rassurant, soulignant que la réouverture du campus social se passe bien et que tout a été mis en œuvre pour accueillir les étudiants dans les meilleures conditions.
Aziz Méthiour NDIAYE (Stagiaire)

